Afin de résoudre l’un des mystères les plus anciens de l’archéologie concernant la production de poterie antique, l’Autorité israélienne des antiquités (IAA) a lancé une nouvelle initiative de recherche utilisant des méthodes scientifiques avancées. Ce projet vise à tracer l’origine de milliers de récipients en céramique, même si les fours où ils ont été fabriqués ont disparu depuis longtemps.
Des milliers de récipients en poterie découverts dans des fouilles à travers Israël seront examinés et catalogués. Les chercheurs, dirigés par Dr. Anat Cohen Weinberger de l’IAA et le Professeur Alexander Fantalkin de l’Université de Tel Aviv, créeront un « empreinte » distincte pour chaque four de production antique, basée sur la composition minérale et chimique de la poterie.
Le projet comporte deux méthodes scientifiques complémentaires : la pétrographie et l’analyse chimique par activation neutronique. Cela permettra de déterminer des liens entre les matériaux bruts et l’environnement géologique d’origine, et de proposer l’origine d’un échantillon en céramique en comparant les résultats avec des échantillons connus.
En phase initiale, le projet se concentre sur des échantillons liés à des fours connus. L’IAA prévoit également de créer une carte numérique des fours, servant d’infrastructure de recherche à long terme pour étudier la production, le commerce et les connexions régionales dans le passé. Ce projet a le potentiel de contribuer significativement à notre compréhension des liens économiques et sociaux dans l’Antiquité.


Comme c’est inutile et stupide tant l’évidence est que partout où le monde humain est né et a grandi, l’usage des argiles pour faire des récipients et des objets a suivi.
Merci pour votre commentaire. Je comprends que, de prime abord, retracer l’origine de la poterie puisse sembler évident — l’usage de l’argile est effectivement ancien et présent dans de nombreuses cultures. Cependant, le projet que nous présentons ne part pas de ce postulat général, mais cherche à répondre à des questions précises et scientifiques, notamment :
Quelles communautés humaines ont fabriqué les premiers récipients en argile dans cette région spécifique ?
Les archéologues ne cherchent pas à « prouver » que l’usage de l’argile existe, mais à localiser, dater et comprendre comment et pourquoi cette technologie est apparue et s’est diffusée.
Quelles techniques et savoir-faire ont été utilisés ?
Les études de poterie ancienne permettent de reconstituer les chaînes opératoires — savoir-faire, choix des matériaux, modes de cuisson — ce qui éclaire les réseaux d’échanges et les pratiques sociales des populations anciennes.
Comment la poterie reflète-t-elle des évolutions culturelles et économiques ?
Les formes, styles et fonctions des récipients fournissent des indices sur les modes de vie, le stockage des denrées, les échanges interrégionaux, etc. Ce n’est donc pas une simple « évidence » non analysée, mais un outil de compréhension du passé.
Les origines ne sont pas les mêmes partout.
Il existe des débats scientifiques sur l’âge, les contextes et les trajectoires de l’émergence de la poterie dans différentes régions du Proche-Orient. Ce projet contribue à préciser ces trajectoires, notamment en Israël et dans ses marges.
En résumé, il ne s’agit pas de redire que l’humanité a utilisé l’argile — cela est bien établi — mais de documenter scientifiquement la chronologie, les contextes et les implications de cette technologie dans une zone géographique précise. C’est une démarche méthodologique importante pour l’archéologie.