Je lis ici et là que la Knesset a approuvé en séance plénière le projet de loi de la députée Limor Son Har-Malech (Otzma Yehudit) relatif à la « séparation des sexes dans les études supérieures ».
- i24news est allé cherché le témoignage d’une femme d’extrême-gauche, une socialiste, pour condamner la loi.
Ils sont allé chercher la députée Naama Lazimi, du parti ‘Les Démocrates » (fusion de Meretz et des socialistes), qui a bien entendu vivement dénoncé ce qu’elle a qualifié de « terrible loi ». i24 lui a laissé dire, sans relever les contre-vérités, qu’ils « n’ont aucun droit de nous priver de nos libertés et de nos droits ».
- Times Of Israel édition française, en présentant les opposants à la loi, les a laissé dire que la loi
fait passer les droits religieux avant les droits des étudiantes à l’égalité, à la dignité et à la liberté de circulation, et porte atteinte à la liberté académique ainsi qu’à la qualité de l’enseignement et de la recherche.
A lire comme ça, c’est en effet assez dégradant pour les femmes. Sauf que la loi fait tout le contraire. Elle répare une injustice contre les jeunes femmes et jeunes hommes haredim, mais les journalistes ont une telle haine contre tout ce qui est religieux, qu’ils n’hésitent pas à mentir et à vous manipuler pour que vous ayez l’impression qu’Israël vit sous la coupe de religieux rétrogrades.
🕘 Chaque matin, l’essentiel sur Israël en 2 minutes
Infos fiables et analyses rapides, sans bruit ni désinformation.
Gratuit • Lecture rapide • Désinscription facile
D’abord, à moins qu’on rejette la démocratie, précisons que 52 députés ont voté pour, et 43 contre. Pourquoi si une forte majorité a voté en faveur d’une loi qui pourrait laisser penser qu’Israël fait un retour en arrière d’un siècle ? Ce n’est pas en regardant la télé ou en lisant les médias que vous l’apprendrez.
Alors voici la réalité :
- La loi ne concerne pas tout l’enseignement supérieur. Vos enfants ne vont pas être forcés à participer à des classes non-mixtes !
- Les cursus non-mixtes pour les jeunes religieux existent déjà, et depuis très longtemps. Ils ne concernent évidemment pas la totalité de la population. Si c’était le cas, vous l’auriez su et ça aurait fait les gros titres du Monde et de France Info.
- Aujourd’hui, des cours non-mixtes existent dans certains établissements d’enseignement supérieur, mais pour la licence uniquement. Au-delà, pour les masters et les doctorats, cela n’existait pas, ce qui créait une injustice flagrante, puisque les jeunes qui pour des raisons religieuses ne peuvent pas suivre de cours mixtes, étaient bloqués dans leurs études.
- Le Conseil de l’enseignement supérieur a voulu réparer cette injustice, et il a proposé que les jeunes haredim puissent accéder à des études supérieures dans un plus large éventail de domaines, en ouvrant des cursus non-mixtes en maîtrise et en doctorat.
Ainsi présenté, il s’agit d’une mesure assez formidable, qui permet à tous d’accéder aux études supérieures. Vous comprenez à quel point les journalistes sont malhonnêtes et ont la haine du milieu religieux, en présentant cette loi comme s’il s’agissait d’un retour à l’âge des ténèbres sous la dictature des religieux.
L’exposé des motifs de la loi précise :
« Actuellement, le Conseil de l’enseignement supérieur autorise les établissements d’enseignement supérieur à proposer des cursus non mixtes pour les licences uniquement, sous certaines conditions et limitations définies par le présent règlement. Il est proposé de préciser dans la loi que la disposition stipulant que l’existence de cursus séparés pour hommes et femmes pour des raisons religieuses ne sera pas considérée comme une discrimination s’applique également aux cursus de master et de doctorat. Ceci afin de permettre à celles et ceux qui, en raison de leurs convictions religieuses, ne peuvent suivre des études universitaires mixtes, d’accéder à des études supérieures dans un plus large éventail de domaines. »

