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Guerre des missiles : l’état réel des forces balistiques iraniennes

09 Mar 2026
Guerre des missiles : l’état réel des forces balistiques iraniennes

Depuis le déclenchement de la campagne fin février 2026, l’offensive combinée israélo-américaine (Opération « Fureur épique » côté USA, Opération « Lion rugissant » côté israélien) a profondément dégradé les capacités balistiques iraniennes. Mais à quel point, jusqu’à où, pour quel résultat, et combien de temps durera la guerre ?

Ce dossier a pour but de vous apporter les éléments de synthèse et les mécanismes militaires centraux, afin que vous formiez votre propre jugement, au lieu de vous fier aux experts de mes deux qui parodient à la télé avec des intentions inavouables et des partis-pris cachés (pour ou contre Israël).

La compréhension de cette guerre repose sur plusieurs éléments clés :

  1. Structure de l’arsenal balistique iranien
  2. Supériorité aérienne et surveillance permanente
  3. La chasse aux lanceurs mobiles : la kill chain utilisée par les forces américaines et israéliennes
  4. Comment les dépôts de missiles sont localisés
  5. Pourquoi certains TEL survivent après un tir
  6. La logique surprenante des petites salves de missiles iraniennes
  7. La phase 2 de la guerre : destruction de l’industrie des missiles
  8. Production et reconstitution de l’arsenal iranien
  9. Des rumeurs affirment que les Etats-Unis et Israël manqueraient de munitions
  10. Face à la supériorité écrasante des leaders militaires du monde libre (USA et Israël), pourquoi l’Iran s’obstine ?
  11. Course à l’épuisement des stocks d’armement, ou financier ?
  12. Combien de temps le conflit va durer

1. Bases fixes et lanceurs mobiles : l’architecture des forces balistiques iraniennes

L’arsenal iranien repose sur deux types de plateformes :

  • Bases fixes : 2 à 6 rampes par site courant, parfois 20-50 sur les installations stratégiques majeures (ex. bases IRGC). Très défendues, mais statiques → destruction quasi-certaine une fois localisées.
  • Lanceurs mobiles (TEL) : camions semi-remorques qui chargent un missile en dépôt, se déplacent, érigent et tirent. Leur mobilité est leur seule protection réelle. Estimation initiale : 400-600 TEL. Selon les déclarations récentes (IDF + CENTCOM mars 2026), ~60 % détruits, soit environ 300+ TEL neutralisés, ne laissant qu’une fraction opérationnelle (moins de 100 selon certaines évaluations antérieures, mais ~40 % encore intacts d’après l’IDF début mars).

2. Supériorité aérienne totale et surveillance 24/7

Les frappes initiales (28 février 2026) ont neutralisé la majorité des radars et systèmes anti-aériens iraniens (80 % selon l’IDF). Cela donne à Israël et aux États-Unis une liberté d’action quasi-complète dans l’espace aérien iranien.

Cette supériorité permet une surveillance quasi continue du territoire grâce à plusieurs moyens complémentaires :

  • satellites optiques et radar
  • drones de surveillance longue durée
  • avions de reconnaissance
  • interception des communications
  • réseaux de renseignement humain

Les drones jouent un rôle essentiel : contrairement aux avions de combat, ils peuvent suivre un véhicule pendant des heures et observer les déplacements des TEL.

  • Drones persistants (MQ-9, etc.) + satellites qui suivent les véhicules lourds en continu.
  • Avions de combat passent rapidement → moins adaptés au suivi prolongé.
  • Drones : excellent pour pister un TEL vide sur des heures/jours jusqu’au dépôt souterrain.

Dès qu’un TEL sort d’un entrepôt chargé d’un missile, il devient une cible prioritaire, et cela permet la destruction du lanceur, mais souvent du dépôt de missiles.

3. La « kill chain » contre les lanceurs mobiles

La destruction des lanceurs mobiles suit une chaîne opérationnelle appelée kill chain, souvent décrite par l’acronyme militaire F2T2EA (Find, Fix, Track, Target, Engage, Assess).

La boucle d’élimination suit ce schéma Find → Fix → Track → Target → Engage → Assess, qui est accéléré par l’IA (Project Maven) :

  1. Détection : satellites optiques/radar, drones, SIGINT/ELINT repèrent les véhicules lourds par la chaleur thermique anormale, l’activité logistique, les communications radio et les surveillances humaines.
  2. Suivi : des drones filent le TEL (même vide) jusqu’au dépôt ou site de tir.
  3. Identification : la sortie d’un semi-remorque chargé d’un missile produit une signature claire, et le TEL devient une cible haute priorité.
  4. Engagement : l’aviation de précision détruit TEL + le dépôt.
  5. Évaluation : l’imagerie post-frappe confirme la neutralisation.

L’intelligence artificielle militaire américaine — notamment les systèmes d’analyse automatisée d’images — accélère considérablement cette chaîne de décision.

4. Comment Israël et les États-Unis arrivent à localiser les dépôts de missiles iraniens avant même qu’ils soient utilisés.

Localiser des dépôts de missiles avant qu’ils ne soient utilisés est l’un des aspects les plus complexes et les plus bénéfiques du renseignement militaire. En pratique, Israël et les États-Unis utilisent une fusion de renseignement multi-domaines (IMINT, SIGINT, MASINT, HUMINT). Aucun capteur unique ne suffit ; c’est la corrélation de plusieurs indices qui révèle l’existence d’un dépôt.

La localisation des dépôts repose ainsi sur une fusion complexe de renseignements multi-domaines :

  • IMINT : observation satellite des infrastructures, tunnels et routes renforcées. Les dépôts de missiles laissent presque toujours des signatures logistiques visibles depuis l’espace.
  • SIGINT : interception et triangulation des communications militaires
    • Les unités de missiles doivent communiquer pour :
      • recevoir l’ordre de tir
      • coordonner la logistique
      • Planifier les déplacements.
  • MASINT : signatures thermiques, vibrations ou anomalies électromagnétiques. C’est la forme de renseignement la moins connue. Elle analyse :
    • vibrations du sol
    • signatures chimiques
    • Émissions électromagnétiques.
  • HUMINT : informateurs et réseaux clandestins. Même dans un pays fermé comme l’Iran, il existe :
    • des dissidents
    • des minorités hostiles au régime
    • Des réseaux clandestins.
  • Analyse logistique : mouvements de convois, carburants et composants. Un dépôt de missiles nécessite une chaîne d’approvisionnement identifiable. Les analystes surveillent :
    • transports de carburant solide
    • livraisons de composants
    • Convois militaires récurrents.
  • La méthode la plus efficace reste cependant le suivi direct d’un TEL vide jusqu’au dépôt où il vient charger son missile. C’est la tactique « suivre le camion », inspiré de la maxime « suivre le voleur jusqu’à sa porte ».
    • Processus typique :
      • Un drone repère un TEL vide
      • il le suit pendant plusieurs heures
      • le TEL entre dans un tunnel ou un complexe
      • ce site devient immédiatement suspect de stockage.
      • Lorsqu’il sort chargé d’un missile
      • → frappe immédiate.
      • Un seul TEL peut mener les analystes vers :
        • un dépôt
        • une base de maintenance
        • Une « missile city ».
      • Cela permet de les détruire

5. Proportion de TEL qui survivent après un tir

La majorité des TEL sont détruits rapidement après lancement (détection du tir → frappe quasi-immédiate). Cependant, 10-30 % échappent temporairement grâce à :

  • 1. Temps de tir très court. Un TEL peut :
    • s’arrêter
    • tirer
    • repartir
    • en moins de 15 minutes.
  • 2. Camouflage. Les TEL utilisent :
    • hangars civils
    • tunnels
    • Filets thermiques.
    • Depuis l’espace ils peuvent ressembler à :
      • camions pétroliers
      • Transport logistique.
  • 3. Terrain iranien. L’Iran est immense et montagneux.
    Surface : 1,6 million km².
    Même avec des drones partout, il est impossible de tout surveiller.
  • 4. Leurre. Les Iraniens utilisent souvent :
    • faux TEL
    • camions leurres
    • Fausses rampes gonflables.
    • Les forces aériennes perdent parfois une bombe sur un faux lanceur.
  • 5. Tunnels. L’Iran possède des villes de missiles souterraines.
  • Un TEL peut :
  • sortir
  • tirer
  • rentrer.
  • La fenêtre d’interception est donc très courte.

6. Pourquoi l’Iran tire seulement 10-30 missiles par salve (stratégie surprenante)

Le point stratégique peu discuté – pourquoi l’Iran tire souvent des missiles en petites salves (typiquement 10 à 30 par vague, au lieu de barrages massifs comme les 200+ lancés en une seule journée lors de conflits passés) – repose sur une logique d’usure asymétrique, qui est surprenante, car elle inverse le paradigme habituel de la « saturation » offensive. Au lieu de viser à submerger les défenses anti-missiles (comme le Dôme de Fer israélien, les Patriot US ou les systèmes THAAD/Aegis), l’Iran opte pour une stratégie de « saignement progressif » des ressources adverses, en misant sur le coût disproportionné des intercepteurs par rapport à ses propres missiles low-cost.

Cette approche explique beaucoup la guerre actuelle, car elle transforme le conflit en une guerre d’attrition économique et logistique, où l’Iran espère épuiser les stocks et budgets US/Israéliens avant que son propre arsenal ne soit totalement démantelé.

Je m’appuie sur des analyses récentes pour détailler cela.

  • Calcul économique asymétrique : Chaque missile balistique iranien (comme les Fateh ou Kheibar Shekan) coûte environ 50 000 à 200 000 dollars à produire, souvent avec des composants low-tech ou importés (via Russie/Chine), tandis qu’un intercepteur Arrow/Patriot/THAAD coûte entre 3 et 10 millions de dollars.
  • Le but de l’Iran est de prolonger le conflit : chaque salve coûte cher aux adversaires en munitions et en usure psychologique (alertes constantes en Israël), tout en minimisant les pertes iraniennes (moins de lanceurs exposés à la fois).
  • Éviter l’exposition des lanceurs mobiles (TEL) : Tirer en masse nécessite de sortir plus de TEL des « missile cities » souterraines simultanément, les rendant vulnérables aux frappes immédiates US/israéliennes (via drones/satellites). Avec 60 % des TEL détruits (300+ sur 500 initiaux), l’Iran rationne pour préserver sa mobilité et éviter une décimation exponentielle. Ca lui permet de minimiser l’exposition des TEL (un gros tir = trop de lanceurs visibles/détruits).
  • Il tente de préserver les TEL survivants pour une menace prolongée sur des semaines.
  • Il applique une forme de « la loi de Lanchester » asymétrique : drainer les stocks coûteux d’intercepteurs. La loi de Lanchester est un modèle mathématique militaire peu évoqué publiquement : dans un combat à distance moderne, la puissance effective d’une force est proportionnelle au carré de ses unités restantes. Perdre 20 % des lanceurs réduit la capacité de 36 % (et pas de 20 %), créant un effondrement rapide si on tire en masse et expose tout. L’Iran tire donc « juste assez » pour tenter d’obtenir des hits sporadiques (bases US dans le Golfe), espaçant pour que les défenses ne puissent pas se reposer.
  • Cela force les USA et Israël à maintenir une vigilance coûteuse 24/24, avec des renforts en munitions (Trump a demandé ce matin à l’industrie d’accélérer la production), alors que l’Iran bénéficie d’une aide discrète de la Chine et de la Russie.
  • Peu discutée, la tactique de l’Iran met en lumière une vulnérabilité occidentale : un budget défense de 1 trillion de dollars US peut être saigné par des attaques low-cost persistantes.
  • L’Iran mise sur l’usure pour forcer une négociation ou un retrait US.

Tout ceci explique la baisse drastique des tirs, qui est surprenante, car contre-intuitive. 90 % de moins de missiles balistiques ont été tirés selon CENTCOM, la rareté des salves massives montre l’intention de l’Iran en une guerre d’attrition.

A ce stade

Le CENTCOM rapporte que les lancements de missiles balistiques iraniens ont réduit de 86 à 90 % depuis le 28 février, et les drones de 73 à 83 %. Mais cette stratégie « surprenante » transforme la faiblesse iranienne (perte de lanceurs) en atout d’attrition, expliquant la résilience apparente de Téhéran face à une supériorité aérienne écrasante. Le conflit n’est donc pas qu’une « course aux missiles », mais une bataille économique où l’Iran pense qu’il peut jouer le long terme.

7. Phase 2 de la campagne (annoncée par le secrétaire américain Hegseth)

Ce 5 mars 2026, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé la transition vers la « phase 2″ de l’Operation lors d’une conférence de presse avec l’amiral Brad Cooper (CENTCOM).

La phase 2 ? C’est quoi ?

La phase 1 visait la supériorité aérienne – destruction à 80-90% des défenses Anti-aériennes (AA), la décapitation du commandement (dont le leader suprême), et la réduction des missiles/lanceurs (baisse de 90% des tirs balistiques, 83% des drones).

Objectifs de la phase 2 : détruire pour très longtemps la capacité industrielle iranienne de production de missiles.

Cibles :

  • usines de moteurs de missiles
  • ateliers de composants électroniques
  • dépôts de carburants solides

Premier but : empêcher l’Iran de reconstituer rapidement ses stocks, même si des missiles restent dans les dépôts. Puis :

  • Démantèlement industriel : « Raser ou niveler » l’industrie balistique iranienne, en ciblant les usines de production, les entrepôts et les infrastructures (sites souterrains via B-2 avec bombes de 1000 tonnes).
  • Intensification des frappes : Plus de bombardiers/avions de combat entrent dans la danse.
  • Mise à disposition « illimitée » de munitions (250-1 000 kg guidées).
  • Durée et volonté : Pas de limite fixée ; Les Etats-Unis ont déclaré à Israël qu’elles « soutiendront le combat aussi longtemps que nécessaire » avec une « volonté de fer ».
  • Les renforts du CENTCOM sont prévus jusqu’en juin-septembre 2026.
  • Autres aspects présents à l’esprit du président Trump : La vengeance pour les 6 soldats américains tués – ce n’est jamais quelque chose qu’il laisse passer.

Actions israéliennes en phase 2

Les Israéliens alignent étroitement leurs opérations sur la phase 2 annoncée par le secrétaire à la Défense US Pete Hegseth. Pendant que les États-Unis se concentrent sur le démantèlement de l’industrie balistique iranienne, que fait Israël ?

L’Etat juif, décrit comme un « partenaire égal » par Hegseth, poursuit des objectifs similaires : destruction des capacités militaires iraniennes, y compris des sites de missiles

Les forces israéliennes ont annoncé de nouvelles frappes le 6 et le 7 mars sur des installations de missiles et des aéroports iraniens, en coordination avec les USA, pour un « contrôle total des cieux iraniens ».

Il n’y a donc pas de divergence – c’est une campagne conjointe « main dans la main », avec Israël gérant les cibles proches (comme le Liban via Hezbollah) tandis que les US couvrent les distances plus longues (par exemple, torpillage d’un navire iranien dans l’océan Indien).

8. Production et reconstitution iranienne

Le temps nécessaire pour fabriquer un missile balistique en Iran varie selon le type (liquide ou solide), la complexité, la taille et les conditions de production.

Temps de fabrication :

  • Missiles à propergol liquide (comme Shahab-3, Ghadr, Emad) : Plus simples à produire une fois les composants assemblés, ils peuvent être fabriqués en quelques semaines à quelques mois par unité. La production en série permet d’atteindre des cadences de dizaines par mois.
  • Missiles à propergol solide (comme Fateh, Kheibar Shekan, Sejjil) : Plus complexes en raison du mélange et du durcissement (curing) du propergol solide (HTPB-based). Le processus critique est le coulage et le durcissement dans des fosses spéciales, qui prend 6 à 14 jours par moteur, jusqu’à 10-14 jours pour des diamètres plus grands. L’assemblage global (structure, guidage, ogive) ajoute du temps, portant le total à plusieurs semaines à 1-2 mois par missile en production industrielle.

Actuellement : la fabrication est quasi nulle (frappes sur usines + phase 2). Avant-guerre : ~2 500-3 000 missiles stockés. Reconstitution complète : 3-4 ans sans frappes.

Mais la limite réelle aujourd’hui est le nombre de TEL survivants, pas celui du nombre de missiles en stock : sans rampe de lancement, vous pouvez disposer d’autant de missiles que vous voulez, vous ne pouvez pas les lancer.

9. Rumeurs de pénurie de munitions / intercepteurs côté Israélien et américain

Des rumeurs persistantes d’un risque d’épuisement en guerre prolongée (surtout sur Arrow 3, THAAD, PAC-3), en raison du coût élevé et de la lenteur de la production (1-2 ans pour certains types), sont diffusées par les médias bien intentionnés.

Elles concernent principalement les munitions défensives (intercepteurs pour systèmes anti-missiles comme le Dôme de Fer israélien, les Patriot ou les Arrow), en raison du taux de consommation élevé face aux salves iraniennes. En revanche, pour les munitions offensives (bombes guidées, missiles air-sol utilisés pour les frappes sur l’Iran), les informations officielles indiquent une grande abondance, avec des renforts en production.

C’est un sujet qui exige de s’appuyer sur des rapports officiels et récents (au 6 mars 2026).

Des sources comme The Guardian notent que la guerre pourrait être décidée par « manque de missiles ou d’intercepteurs en premier », avec des stocks US et Israéliens limités face à l’arsenal iranien inconnu, mais potentiellement vaste. Cependant, The Guardian, équivalent anglais du Monde et du New-York Times, est un média très à gauche, radicalement anti-israélien et anti-américain. De plus, il n’a jamais cité la moindre source vérifiable pour étayer ses affirmations, et c’est pourquoi il a été obligé de fermer son compte sur X – les notes de communauté décimaient son narratif.

CENTCOM et Hegseth ont en revanche apporté des démentis officiels forts : « il n’y a pas de pénurie, nous disposons d’un nombre illimité de munitions pour l’offensive », a déclaré Hegseth lors de la conférence de presse. Et des renforts de production ont été approuvés en urgence. Il y a cependant une pression réelle sur les intercepteurs défensifs en cas d’usure longue, mais pas critique à ce stade (mars 2026).

En résumé, les rumeurs proviennent souvent de sources pro-iraniennes ou d’analyses spéculatives d’experts qui n’aiment ni Israël, ni les Etats-Unis, ni surtout le président Trump, et elles sont amplifiées sur les réseaux, mais elles sont contredites par les déclarations du CENTCOM, du Pentagone et de Tsahal. Le risque existe théoriquement pour les intercepteurs en cas de guerre d’usure, mais les frappes préventives sur l’Iran visent à l’éviter, et la supériorité écrasante de l’aviation américaine et israélienne fait que le temps joue contre l’Iran, pas contre Israël. Un conseil cependant, pour des mises à jour crédibles, suivez les briefings officiels, pas ceux des journalistes qui rapportent les briefings officiels, et jamais les dépêches dont les officiels ne sont pas nommément identifiés (c’est ainsi que les usines à Fake News fonctionnent).

10. Pourquoi les Iraniens continuent-ils ? Folie idéologique ou « guerre de religion », comme l’a affirmé le sénateur Graham ?

Les stratèges iraniens savent que la destruction accélérée des TEL et de l’industrie rend la victoire impossible militairement. Continuer repose donc sur :

  • La survie politique du régime (mobilisation interne, répression).
  • Le maintien de la pression psychologique/économique sur les adversaires.
  • L’idéologie révolutionnaire chiite + eschatologie (arrivé Mahdi, résistance jusqu’au bout).
  • Un vague espoir géopolitique : fronts secondaires (proxies), fatigue occidentale, division US/allés.
  • Élément religieux : Pour l’Iran, ceci est en partie une guerre de religion chiite messianique. Certains leaders croient en l’avènement du Mahdi (12e imam caché) via le chaos et l’apocalypse, incluant la destruction d’Israël. Prolonger le conflit vise à augmenter les coûts US pour les inciter au retrait, aligné sur cette eschatologie.
  • Mais ce n’est pas purement religieux ; c’est aussi géopolitique : rivalité pour le leadership régional, soutien à leurs proxies (Hezbollah, Hamas, Houthis) pour projeter du pouvoir.
  • Calcul stratégique : Malgré la supériorité US/Israël, l’Iran parie sur l’usure (comme au Vietnam/Afghanistan pour les US), un soutien russe/chinois, et une division occidentale.
  • L’Iran ne veut pas et n’offrira pas de capitulation, car cela signifierait la fin du régime ; mieux vaut une défaite qu’ils décriront comme honorable que la reddition.

11. Le conflit est-il une course à l’épuisement des stocks ou financier ?

Un peu des deux, mais il s’agit d’un conflit asymétrique et non d’une simple « course ». D’un côté, l’Iran vise une guerre d’usure : épuiser les intercepteurs US/Israéliens et infliger des coûts politiques via les victimes humaines et la propagande (notamment celle de Tucker Carlson aux Etats-Unis, et celle de l’extrême gauche israélienne organisée – les Kaplanistes, au travers d’incitations à douter des intentions et capacités du Premier ministre Netanyahou).

Les Etats-Unis et Israël, avec des stocks « illimités » et une production accélérée, détruisent vite l’arsenal iranien. L’issue semble clairement favorable aux alliés, car l’Iran ne peut pas reconstituer ses stocks en ce moment (frappes sur les centres de production). De l’autre côté, les coûts américains (estimés à des milliards, mais soutenus par un budget massif) sont gérables sans « épuisement financier » immédiat. D’ailleurs Hegseth a insisté : « Ce n’est pas l’Irak, ce n’est pas une guerre sans fin », et la mission est claire (contrairement à l’Afghanistan), elle consiste en une mission « décisive » de destruction des missiles, de la marine, de l’armée et des capacités nucléaires en quelques semaines, pas en quelques années.

Les stratèges iraniens le savent probablement, mais misent sur une escalade via proxies pour forcer une négociation ou un retrait US (comme en Afghanistan).

10. Durée probable du conflit

En tenant compte de toutes les considérations discutées plus haut (stratégie d’attrition iranienne par petites salves pour épuiser les intercepteurs, réduction des lanceurs et stocks iraniens, phase 2 axée sur le démantèlement industriel, supériorité aérienne US/israélienne, motivations idéologiques du régime iranien, et risques d’escalade via proxies comme le Hezbollah), la durée de la guerre est hautement incertaine et dépend de facteurs comme la résistance iranienne, les coûts politiques US (avec des sondages montrant une opposition majoritaire), et la capacité à atteindre les objectifs (destruction des missiles, changement de régime potentiel). Les prévisions officielles sont optimistes, mais les experts et évaluations internes penchent pour un conflit plus long.

  1. Estimation réaliste, basée sur déclarations officielles (Trump, Hegseth, CENTCOM, IDF) et rythme observé :
  • Phase 1 (TEL + bases) : 2-3 semaines
  • Phase 2 (industrie + tunnels) : 2-4 semaines
  • Attrition / dépôts secondaires : 1-2 semaines

Total : 5 à 9 semaines (~1 à 2 mois) pour réduire très durablement la capacité iranienne à menacer Israël et la région. Facteurs prolongateurs possibles : salves résiduelles, dispersion industrielle, fronts élargis.

  1. Estimation pessimiste, basée sur des experts qui penchent du côté démocrate, et donc suspects.
    • Les experts (comme Brookings Institute, LA Times, ou Richard Haass) doutent de ces timelines, prévoyant des mois pour un changement de régime ou une dégradation totale, vu la taille de l’Iran et sa résilience. Mais ces experts sont plutôt alignés sur les démocrates, et ils veulent la peau de Trump.
    • Media Bias Fact Check fait remarquer que le Brookings Institute est un think tank de gauche en raison de dons à 96 % vers des candidats démocrates depuis 1990. Et il critique généralement la politique de Trump.
    • Le LA Times, le premier quotidien de la région, est clairement de gauche – c’est ma ville, c’est mon journal, je l’affirme sans détour. Penchant gauche historique ? Il a endossé des candidats démocrates dans les 3 dernières élections présidentielles.
    • Haass est un « never Trumper ». Haass a commencé comme démocrate, est devenu républicain pendant plus de 40 ans (travaillant pour Reagan, Bush Sr., Bush Jr.), puis a quitté le GOP en 2023 pour devenir indépendant. Il dénonce la campagne de l’administration Trump contre le wokisme.
  2. Mon estimation raisonnée

Avec la supériorité US/israélienne et la dégradation rapide iranienne (90 % des lancements en moins), la phase intense pourrait durer 4-8 semaines si les objectifs se limitent aux missiles et au nucléaire (sans invasion au sol). L’affaire pourrait s’étendre à 3-6 mois, mais façon juin 2025 (12 jours intenses, mais reconstitution de l’arsenal iranien), si la politique s’en mêle. Un scénario pire (escalade régionale) pourrait aller à des mois/années, mais Trump vise court pour éviter un « bourbier », et je doute d’une escalade régionale. Au final, l’issue dépend de la « volonté de fer » du président Trump face à la résilience iranienne : les seconds sont imprévisibles, comme le note pour une fois justement The Guardian, tandis que la résolution du président Trump est parfaitement connue des observateurs non-partisans qui ont un peu de jugeote.

Et Israël dans tout ça ?

L’Etat juif semble solide : le Premier ministre a déjà fait la preuve qu’il sait s’opposer à un chef d’Etat-major de Tsahal trop hésitant et des services de renseignement qui tentent de le manipuler. L’intensification des attaques du Hezbollah dans le nord d’Israël depuis le Liban montre clairement la stratégie de l’Iran, mais pour l’instant, l’opposition israélienne soutient la coalition.

Aucune voix majeure de l’opposition (Yair Lapid, Benny Gantz, Naftali Bennett, etc.) ne réclame un cessez-le-feu immédiat ou une capitulation face à l’Iran/Hezbollah. Au contraire :

  • Yair Lapid (leader Yesh Atid, opposition principale), a déclaré que « nous sommes tous unis » derrière Netanyahu et l’IDF. Il a qualifié la guerre de « juste » et « morale » contre le mal ; il a appelé à « oblitérer » les programmes balistiques/nucléaires Iraniens et le leadership si possible. Il a écrit dans The Economist qu’il n’y a « ni opposition ni coalition, seulement un peuple et une armée ».
  • Naftali Bennett a pleinement soutenu l’opération « Lion rugissant » ;
  • Même Yair Golan (extrême gauche socialo-communiste issue de Meretz) a offert un soutien discret et poli.
  • L’opposition critique Netanyahu sur Gaza, mais sur l’Iran, c’est un consensus national : « pas d’opposition politique » pendant la guerre.

Les raisons : sentiment existentiel (menace nucléaire/missiles/Hezbollah), unité et solidarité de la gauche en temps de guerre (qui a duré pendant 10 jours après le 7 octobre), et surtout, il n’y a pas dans ce conflit de « Palestiniens » pour lesquels la gauche a une tendresse irrationnelle et illimitée. Enfin, personne en Israël ne veut être vu comme « faible » face à cet ennemi, l’empire du Mal. Même le quotidien d’extrême gauche Haaretz note sur le dossier iranien une « pensée collective militariste » qui avale même l’opposition.

© Jean-Patrick Grumberg pour Israël 24/7.org

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Commentaires 1

  1. Josiane says:
    Il y a 14 secondes

    Pourquoi les Iraniens continuent-ils ? Folie idéologique ou « guerre de religion », comme l’a affirmé le sénateur Graha: Apparemment ce sénateur n’a pas lu ce torchon de haine qu’est le coran base idéologique de l’etat islamique et de tous les musulmans du monde.
    La capitalisation ne fait pas parti de leur dictionnaire car le coran enseigne (sourate 26) que la mort est preferable a la reddition, ce qui promet un futur des meilleurs aux chayidims (mot glorifiant la mort de ceux qui se sont sacrifies).

    Répondre

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