• Politique de cookies (UE)
mardi 13 janvier 2026
Aucun résultat
Voir tous les résultats
NEWSLETTER
Israël 24/7
Contactez-nous
  • Accueil
  • Fil d’info
  • Actualité
  • Politique
  • Opinions
  • Patrimoine
  • Dossiers
  • Accueil
  • Fil d’info
  • Actualité
  • Politique
  • Opinions
  • Patrimoine
  • Dossiers
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Israël 24/7
Aucun résultat
Voir tous les résultats
Accueil Actualité

UE–Hamas : le document qui accuse un diplomate européen

13 Jan 2026
UE–Hamas : le document qui accuse un diplomate européen

Un texte interne du Hamas évoque des “canaux officiels” avec l’UE et expose une faille de contrôle à Bruxelles.

Le 8 janvier 2026, la publication par Euractiv d’un document interne du Hamas, saisi par l’armée israélienne lors d’opérations à Gaza, a jeté une lumière crue sur une défaillance majeure des mécanismes de contrôle de l’Union européenne. Ce document, daté du 28 septembre 2021, révèle que Sven Kühn von Burgsdorff, représentant de l’UE auprès des territoires palestiniens de janvier 2020 à juillet 2023, aurait activement plaidé pour l’ouverture de « canaux officiels » entre l’UE et le Hamas, organisation inscrite sur la liste terroriste européenne depuis 2003. Cette révélation intervient dans un contexte particulièrement troublant : quelques semaines seulement avant l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, ce même diplomate s’était livré à une démonstration de parapente à Gaza, déclarant vouloir montrer aux Palestiniens que « tout est possible ». Trois mois plus tard, le Hamas utilisait précisément ces équipements – des parapentes motorisés – comme instrument de guerre lors de son attaque génocidaire qui fit 1 200 victimes israéliennes et 250 otages. Cette affaire soulève aussi des questions fondamentales sur les processus de sélection, de supervision et de responsabilisation des représentants diplomatiques de l’Union européenne dans des zones sensibles. Comment un diplomate occupant un poste aussi stratégique a-t-il pu adopter des positions diamétralement opposées à la politique officielle de l’UE sans déclencher d’alerte ? Quels mécanismes de contrôle ont failli ? Et surtout, quelles leçons tirer pour éviter que de telles défaillances ne se reproduisent ?


Le document du ministère de l’Intérieur du Hamas, analysé par l’ONG NGO Monitor et publié par Euractiv, constitue une source primaire exceptionnelle pour comprendre comment une organisation terroriste percevait le représentant européen. Les termes utilisés sont sans équivoque : Kühn von Burgsdorff y est décrit comme « une figure professionnelle » qui « soutient fortement et sympathise avec les Palestiniens ». Plus alarmant encore, le document affirme explicitement : « Il exige [que l’UE] ouvre des canaux officiels pour dialoguer avec le Hamas, mais la politique publique de l’UE rejette cela ». Cette formulation révèle une contradiction flagrante avec la position institutionnelle européenne qui, depuis 2003, maintient une politique stricte de non-contact avec le Hamas.

Le Hamas lui-même reconnaît toutefois le caractère personnel de cette démarche : « L’approche positive et les inclinations du représentant de l’UE auprès des territoires palestiniens et sa sympathie pour la cause palestinienne constituent une approche personnelle, et cela pourrait changer lorsque le représentant actuel de l’UE changera, car la position européenne est engagée sur les lignes rouges des politiques américaines ». Cette lucidité du Hamas quant au décalage entre les positions individuelles du diplomate et la ligne officielle de l’UE souligne l’ampleur du problème : une organisation terroriste était pleinement consciente qu’un représentant européen agissait en porte-à-faux avec son mandat institutionnel. Le document ajoute que Kühn von Burgsdorff était « détesté à la fois par l’occupation israélienne et par l’Autorité palestinienne », suggérant une posture d’isolement idéologique qui aurait dû alerter la hiérarchie européenne. Pourtant, aucune mesure corrective n’apparaît avoir été prise durant son mandat de trois ans et demi.

Le 17 juillet 2023, soit quelques semaines avant la fin de son mandat, Kühn von Burgsdorff a orchestré une opération de communication pour le moins controversée : un vol en parapente au-dessus des côtes de Gaza, qu’il a présenté comme « le premier vol de parapente dans l’histoire de Gaza ». Dans la vidéo diffusée par la délégation de l’UE auprès des Palestiniens, le diplomate déclare avec enthousiasme : « Une fois que vous aurez une Palestine libre, une Gaza libre, vous pourrez faire exactement la même chose… Tout est possible à Gaza ».

Cette action pose plusieurs problèmes juridiques et opérationnels graves. Premièrement, selon les Accords d’Oslo, Israël conserve le contrôle total de l’espace aérien de Gaza. Le vol a eu lieu sans notification préalable aux autorités israéliennes, qualifié par un porte-parole de l’UE d' »activité purement locale et sportive ». Deuxièmement, l’équipement de parapente a été introduit à Gaza en utilisant l’immunité diplomatique de Kühn von Burgsdorff, contournant ainsi les restrictions israéliennes sur les articles à double usage – des matériaux pouvant servir à des fins civiles ou militaires. Cette violation des protocoles de sécurité n’est pas anodine. Israël s’efforce depuis des années d’empêcher l’importation de tels équipements à Gaza précisément en raison de leur potentiel d’utilisation militaire. Trois mois après ce vol « historique », le 7 octobre 2023, des combattants du Hamas ont effectivement utilisé des parapentes motorisés pour franchir la frontière israélienne à l’aube, participant à l’attaque qui a fait près de 1 200 morts.

Une enquête de CNN a révélé que le Hamas s’entraînait à l’utilisation de parapentes depuis plus d’un an avant l’attaque, dans au moins six sites à Gaza. Des images métadatées montrent des militants répétant décollages, atterrissages et assauts avec ces équipements, certains vidéos datant de plus d’un an avant le 7 octobre. Les parapentes ont décollé à l’aube de sites proches de deux camps d’entraînement identifiés par CNN près de la frontière Gaza-Israël.​ Face à ces faits troublants, des députés européens ont interrogé le Haut Représentant sur la plausibilité d’un lien entre l’action de Kühn von Burgsdorff et l’attaque du Hamas. Dans sa réponse du 6 février 2024, le Haut Représentant Borrell a reconnu qu’aucune approbation n’avait été demandée au siège de l’EEAS pour cette action de parapente. Il a qualifié l’incident de « regrettable et inapproprié » mais a affirmé que la Commission n’était « pas en mesure d’évaluer s’il existe un lien » avec les attaques terroristes du 7 octobre. Cette réponse met en évidence une faille institutionnelle majeure : un représentant diplomatique de haut niveau a pu mener une opération non autorisée, contrevenant aux règles de sécurité internationales et utilisant son immunité diplomatique de manière abusive, sans qu’aucune sanction ne soit apparemment appliquée au-delà de la fin naturelle de son mandat. Au-delà des incidents spectaculaires, l’action de Kühn von Burgsdorff illustre un affaiblissement progressif des garde-fous financiers destinés à empêcher le financement du terrorisme. En 2019, l’UE avait introduit une clause anti-terrorisme (Article 1.5 de l’Annexe II) dans ses contrats avec les ONG, exigeant que les bénéficiaires garantissent qu’aucun fonds ne soit transféré à des organisations inscrites sur la liste terroriste de l’UE. Cette clause a suscité une forte résistance des ONG palestiniennes regroupées au sein du Palestinian NGO Network (PNGO), qui représente 135 organisations. Ces ONG ont refusé de signer la clause, qualifiant les groupes terroristes palestiniens de simples « partis politiques » et affirmant que cette exigence « criminalise la lutte palestinienne ».

En décembre 2019, le représentant intérimaire de l’UE à Ramallah, Tomas Niklasson, a rencontré des représentants du PNGO et leur a dit : « Étant donné qu’aucun individu palestinien n’est inclus dans la liste [anti-terroriste] de l’UE, l’obligation de ne pas transférer de fonds à l’une des sept organisations palestiniennes actuellement sur la liste ne crée aucune obligation supplémentaire pour les organisations de la société civile […] et qu’il n’y a aucune obligation ou attente de la part de l’UE que nous discriminions une personne en fonction de son affiliation politique ». Cette interprétation a été réitérée en janvier 2020 lors d’une réunion à Bruxelles entre responsables d’ONG palestiniennes et fonctionnaires européens. Puis, le 30 mars 2020, le bureau du représentant de l’UE en Cisjordanie et à Gaza – alors dirigé par Kühn von Burgsdorff – a envoyé une « lettre de clarification » au PNGO, stipulant explicitement : « Il est entendu qu’une personne physique affiliée, sympathisant ou soutenant l’un des groupes ou entités mentionnés dans les listes restrictives de l’UE n’est pas exclue de bénéficier d’activités financées par l’UE, à moins que son nom et prénom exacts (confirmant son identité) ne correspondent à l’une des personnes physiques figurant sur les listes restrictives de l’UE ». La lettre précisait également : « En ce qui concerne la Palestine, il n’y a aucune personne physique palestinienne sur la liste des mesures restrictives, conformément au règlement du Conseil 2580/2001 ». En d’autres termes, même si les ONG palestiniennes candidatant aux subventions de l’UE étaient affiliées à des groupes terroristes désignés par l’UE ou employaient des individus issus de ces groupes, l’UE continuerait à leur fournir des fonds provenant des contribuables européens. La lettre soulignait enfin : « L’UE ne demande à aucune organisation de la société civile de changer sa position politique envers une faction palestinienne ou de discriminer une personne physique en fonction de son affiliation politique ». Cette interprétation a suscité de vives inquiétudes parmi les députés européens et les organisations de la société civile. En mai 2020, lors d’une réunion du Comité des affaires étrangères du Parlement européen, le Commissaire au voisinage Olivér Várhelyi a ordonné aux chefs des délégations de l’UE en Israël, en Cisjordanie et à Gaza d' »examiner en profondeur » les allégations selon lesquelles certains fonds de l’UE allaient à des ONG liées au terrorisme, déclarant qu’un tel financement « ne serait pas toléré ».

Un cas emblématique illustre cette problématique : en juin 2020, l’UE a pour la première fois annulé une subvention de 1,7 million d’euros au Badil Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights, une ONG qui refusait de signer la clause anti-terrorisme. Selon le ministère israélien des Affaires stratégiques, 130 organisations palestiniennes refusaient de signer l’Article 1.5 à cette époque. Olga Deutsch, vice-présidente de NGO Monitor, a commenté les révélations du document du Hamas en déclarant qu’elles montrent que Kühn von Burgsdorff « a activement travaillé à saper les politiques officielles de vérification antiterroriste de l’UE ». Elle a appelé Bruxelles à renforcer ses contrôles internes, soulignant que « la crédibilité institutionnelle est en jeu ».

L’affaire Kühn von Burgsdorff révèle des lacunes systémiques dans les processus de sélection, de supervision et de responsabilisation des représentants diplomatiques de l’Union européenne. Ces défaillances s’articulent autour de plusieurs axes.

Les procédures de recrutement de l’EEAS pour les postes diplomatiques dans les délégations, telles que documentées dans les avis de vacance, se concentrent sur des critères techniques : expérience diplomatique, compétences linguistiques, capacité à maintenir des relations diplomatiques dans un environnement multiculturel complexe. Les candidats doivent subir un contrôle de sécurité pour obtenir une habilitation au niveau « SECRET UE/EU SECRET ». Toutefois, aucune disposition spécifique ne mentionne un filtrage systématique visant à détecter des sympathies idéologiques extrêmes ou des affinités avec des organisations terroristes. Lorsque des députés européens ont interrogé le Haut Représentant sur la question de savoir si le personnel soutenant le représentant à Gaza subissait « le contrôle de sécurité nécessaire, en se concentrant sur d’éventuelles sympathies avec le Hamas », la réponse est restée évasive. Cette lacune est d’autant plus préoccupante que le poste de représentant de l’UE en Judée Samarie et à Gaza implique nécessairement des interactions avec un environnement où le Hamas, organisation terroriste, exerce un contrôle de facto sur une partie du territoire. Dans ce contexte, une évaluation approfondie des positions idéologiques et des sensibilités politiques du candidat devrait constituer un pré-requis indispensable. Les pratiques en vigueur dans d’autres contextes de sécurité européens suggèrent qu’un tel filtrage est techniquement possible. Les services de renseignement nationaux, comme l’AIVD néerlandais, effectuent des contrôles de sécurité du personnel pour les organisations internationales incluant l’UE, évaluant notamment la « fiabilité » des individus. Toutefois, ces procédures semblent principalement axées sur la protection des informations classifiées plutôt que sur l’identification de biais idéologiques susceptibles d’affecter l’exécution impartiale d’un mandat diplomatique.​

Le fait que le document du Hamas date de septembre 2021 – soit près de deux ans avant la fin du mandat de Kühn von Burgsdorff – soulève une question cruciale : pourquoi les autorités européennes n’ont-elles pas été alertées plus tôt des positions adoptées par leur représentant Le Haut Représentant Borrell a admis dans sa réponse parlementaire que « aucune approbation n’a été demandée au siège [de l’EEAS] pour l’action de parapente ». Il a ajouté que « le siège n’a donc pas de connaissance détaillée de l’équipement utilisé pour cette activité ». Cette déclaration révèle un déficit de supervision inquiétant : un représentant diplomatique de haut niveau a pu concevoir et exécuter une opération de communication non autorisée, impliquant l’utilisation abusive de son immunité diplomatique, sans qu’aucune procédure d’approbation préalable ne soit déclenchée. Les recherches académiques sur la responsabilisation au sein de l’EEAS ont identifié des zones grises structurelles. En effet, un système de responsabilisation efficace nécessite trois éléments : l’acteur doit avoir l’obligation d’informer le forum de responsabilisation de sa conduite ; le forum doit avoir le droit d’interroger l’acteur sur sa conduite ; et le forum doit également avoir le droit de porter un jugement sur la conduite de l’acteur avec possibilité de sanctions.​ Dans le cas de l’EEAS, la responsabilité politique est fragmentée entre le Conseil des affaires étrangères, le Haut Représentant, la Commission européenne et, dans une certaine mesure, le Parlement européen. Cette fragmentation crée des angles morts où certains comportements peuvent échapper à tout contrôle effectif. L’enquête du Médiateur européen sur les mécanismes de responsabilisation dans les missions PSDC a révélé un « vide de responsabilisation » préoccupant, aucune entité de l’UE ne reconnaissant pleinement sa responsabilité pour tous les aspects des opérations de mission.

L’utilisation de l’immunité diplomatique pour introduire un équipement de parapente – considéré comme un article à double usage – à Gaza constitue un abus manifeste de ce privilège. La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 accorde l’immunité diplomatique pour faciliter l’exercice des fonctions diplomatiques, non pour contourner les régulations de sécurité du territoire d’accréditation. Israël a officiellement condamné l’action comme « un acte provocateur qui a servi de propagande aux groupes militants de Gaza ». Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré : « Ce diplomate européen a depuis longtemps oublié qu’il représente l’Union européenne et ses États membres, continuant à représenter le récit palestinien et servant d’outil de propagande entre les mains des organisations terroristes qui dirigent Gaza ». Pourtant, aucune sanction apparente n’a été appliquée à Kühn von Burgsdorff au-delà de la remarque a posteriori du Haut Représentant qualifiant l’action de « regrettable et inappropriée ». La réponse parlementaire note simplement que « M. Kühn von Burgsdorff n’est plus employé par le Service européen pour l’action extérieure » – une formulation neutre qui suggère une fin de contrat normale plutôt qu’une mesure disciplinaire. Cette absence de conséquences tangibles envoie un signal problématique quant à la tolérance de l’UE face aux écarts de conduite de ses représentants diplomatiques, particulièrement lorsque ces écarts impliquent des questions de sécurité et de respect des procédures internationales.

De manière paradoxale, Sven Kühn von Burgsdorff a lui-même signé en juillet 2025 une lettre ouverte de 27 anciens ambassadeurs de l’UE critiquant « la réticence de l’UE à prendre des mesures sérieuses contre Israël » en relation avec sa conduite à Gaza. Puis, en août 2025, il a été parmi les 206 anciens ambassadeurs de l’UE et des États membres appelant à des mesures concrètes contre les actions illégales d’Israël en Judée Samarie et à Gaza. Ce positionnement post-mandat soulève des questions sur la cohérence et la continuité des positions personnelles de Kühn von Burgsdorff. Alors qu’il est critiqué pour avoir adopté pendant son mandat des positions favorables au Hamas en contradiction avec la politique officielle de l’UE, il participe après son départ à des initiatives collectives visant à sanctionner Israël – cette fois en accord avec un segment croissant de l’opinion diplomatique européenne. Ce parcours illustre la difficulté de tracer une ligne claire entre engagement personnel légitime et dérive incompatible avec l’exercice de fonctions diplomatiques officielles. Il souligne également l’absence de mécanismes permettant d’identifier et de corriger en temps réel les écarts entre les positions personnelles d’un représentant et son mandat institutionnel.

L’affaire Kühn von Burgsdorff doit servir de catalyseur pour une réforme en profondeur des mécanismes de sélection, de supervision et de responsabilisation des représentants diplomatiques de l’Union européenne dans les zones sensibles. Plusieurs pistes d’amélioration se dégagent. Les procédures de recrutement pour les postes diplomatiques dans des territoires où opèrent des organisations terroristes devraient inclure une évaluation approfondie des positions idéologiques et des sensibilités politiques des candidats. Cette évaluation ne doit pas viser à imposer une pensée unique, mais à s’assurer que le candidat est capable d’exécuter un mandat en conformité avec les politiques officielles de l’UE, même lorsqu’elles entrent en conflit avec ses convictions personnelles. Le modèle actuel, qui repose largement sur l’autonomie des représentants dans leurs territoires d’affectation, doit être complété par des mécanismes de supervision renforcés : revues périodiques obligatoires tous les six mois, protocoles d’approbation préalable, système d’alerte permettant à d’autres diplomates, aux États membres ou à des observateurs externs de signaler confidentiellement des comportements problématiques.

L’affaiblissement de la clause anti-terrorisme par des lettres de « clarification » doit cesser. L’UE devrait réaffirmer sans ambiguïté que toute affiliation, sympathie ou soutien à des organisations inscrites sur la liste terroriste de l’UE disqualifie une ONG ou un individu du bénéfice de fonds européens; créer une unité de vérification indépendante chargée d’auditer systématiquement les ONG bénéficiaires et leurs personnels, et instaurer des sanctions financières automatiques pour les délégations qui contournent ces garde-fous. La fragmentation actuelle de la responsabilité au sein de l’EEAS doit être résolue en créant des lignes de responsabilité claires, créer une autorité de surveillance éthique indépendante. L’immunité diplomatique ne doit pas devenir un bouclier contre la responsabilité : il faut adopter des lignes directrices claires définissant les usages légitimes et illégitimes de l’immunité diplomatique, exiger que tout usage de l’immunité pour introduire du matériel ou des équipements dans un territoire soit préalablement déclaré et justifié, prévoir la levée de l’immunité en cas d’abus manifeste, particulièrement lorsqu’il implique des questions de sécurité

Cette affaire n’est pas seulement l’histoire d’un diplomate ayant outrepassé son mandat. C’est la révélation d’une défaillance systémique des mécanismes de contrôle de l’Union européenne dans un contexte géopolitique hautement sensible. Que le représentant de l’UE ait plaidé pour l’ouverture de canaux officiels avec une organisation terroriste, qu’il ait affaibli les garde-fous anti-terrorisme, et qu’il ait abusé de son immunité diplomatique pour introduire à Gaza des équipements utilisés quelques mois plus tard dans une attaque meurtrière, tout cela aurait dû déclencher des alertes multiples. Le silence institutionnel qui a entouré ces agissements pendant près de trois ans témoigne d’un manque criant de vigilance et de mécanismes d’alerte précoce. La réponse tardive et timorée du Haut Représentant, se contentant de qualifier l’incident du parapente de « regrettable et inapproprié » sans conséquence apparente, suggère une culture de l’impunité incompatible avec les exigences de responsabilité d’une organisation prétendant incarner l’État de droit.​ Plus fondamentalement, cette affaire interroge la capacité de l’Union européenne à maintenir la cohérence entre ses politiques déclarées et leur mise en œuvre sur le terrain. Comment l’UE peut-elle prétendre lutter contre le terrorisme et conditionner son aide au respect de clauses anti-terrorisme, si ses propres représentants sapent ces mécanismes par des « lettres de clarification » qui en vident la substance ?

La crédibilité de l’Union européenne comme acteur diplomatique dans le conflit israélo-palestinien – déjà mise à mal par ses divisions internes et ses doubles standards perçus – ne pourra être restaurée que par une réforme profonde de ses processus internes. Quelles que soient les recommandations formulées, elles nécessitent une volonté politique forte, actuellement absente.

L’histoire retient que le 17 juillet 2023, le représentant de l’Union européenne s’est envolé au-dessus de Gaza en parapente pour déclarer aux Palestiniens que « tout est possible ». Trois mois plus tard, le Hamas montrait effectivement ce qui était possible : utiliser ces mêmes parapentes comme instruments de guerre dans l’attaque la plus meurtrière de l’histoire d’Israël. Entre ces deux dates, l’Union européenne avait l’opportunité d’agir. Elle ne l’a pas saisie. Il est temps qu’elle le fasse.

© Fundji Benedict

Inscription gratuite à la newsletter Israël 24/7
PartagerTweetEnvoyerEnvoyer
Article suivant
Dans un arrêt historique, la Cour suprême espagnole déclare que le boycott d’Israël est toujours discriminatoire, et interdit cette forme d’antisémitisme

Dans un arrêt historique, la Cour suprême espagnole déclare que le boycott d'Israël est toujours discriminatoire, et interdit cette forme d'antisémitisme

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Notre crédo

La raison d’être d’Israël 24/7 est de présenter des informations sur Israël de la manière la plus neutre et indépendante qui soit humainement possible d’atteindre.

Nos convictions : Israël est l’Etat du peuple juif sur ses terres ancestrales, dans les limites politiques fixées par les traités internationaux de la Société des Nations, la Déclaration de San Remo, la Déclaration Balfour, le mandat britannique sur la Palestine, les Accords d’Oslo, et les conclusions de la Cour d’Appel de Versailles de 2013.

Archive

© 2021 Israel24/7

Aucun résultat
Voir tous les résultats
  • Accueil

© 2021 Israel24/7

Go to mobile version
×