Le président Trump et le Premier ministre Netanyahou ont eu une réunion qui a duré plus de trois heures à la Maison-Blanche mercredi 11 septembre.
Le secrétaire d’Etat Marco Rubio, le secrétaire de la Guerre Peter Hegseth, l’envoyé spécial Steve Witkoff et l’envoyé Jared Kushner étaient présents à la réunion.
Netanyahou est ensuite parti discrètement, sans conférence de presse.
A l’issue de la réunion, le président Trump a publié un message sur Truth Social :
Je viens de terminer une rencontre avec le Premier ministre Netanyahou d’Israël et plusieurs de ses représentants. Ce fut une très bonne réunion, la relation formidable entre nos deux pays se poursuit.
Rien de définitif n’a été conclu, si ce n’est que j’ai insisté pour savoir si des négociations avec l’Iran pouvaient aboutir à un Accord ou non. J’ai fait savoir au Premier ministre que, si un accord est possible, ce sera ma préférence. Si [un accord] n’est pas possible, nous verrons ce que nous verrons.
La dernière fois, l’Iran a décidé qu’il valait mieux pour eux de ne pas conclure d’accord, ils ont été frappés par le « Midnight Hammer » — et ça ne s’est pas très bien terminé pour eux. Espérons que cette fois-ci ils se montreront plus raisonnables et plus responsables.
Nous avons également discuté des progrès considérables réalisés à Gaza et dans la région en général. Il y a véritablement la PAIX au Moyen-Orient. Merci de votre attention sur ce sujet !
PRÉSIDENT DONALD J. TRUMP
Qu’avons-nous appris de cette réunion jusqu’à présent ?
- La très courte durée de la visite du Premier ministre israélien implique qu’il y avait urgence, et que le besoin de cette réunion était de la plus haute importance.
- Si je savais ce qui a été décidé, ce serait très grave – cela voudrait dire que la réunion n’a pas été tenue secrète. Corollaire, tout ce que vous pourriez lire venant de sources anonymes – ce que la presse appelle « source autorisée » ou « source proche du dossier » ou « personne présente à la réunion » ou encore « membre de l’administration Trump » est du vent, des fake news.
- Trump a insisté sur la qualité des relations entre les Etats-Unis et Israël.
- Réaffirmation très forte et sans nuance : « the tremendous relationship between our two Countries continues » (la relation extraordinaire entre nos deux pays se poursuit)
- Pas de critique, pas de condition, pas de « mais » oiu de « oui mais »,
- Netanyahou et son équipe sont présentés comme des partenaires naturels et fiables : Trump envoie un signe clair d’alignement total avec la ligne israélienne actuelle – on pense au désarmement du Hamas et bien entendu aux missiles et au nucléaire iranien, et pas vraiment au problème des droits de l’homme en Iran.
- L’Iran est évoqué en parallèle avec la menace de la force militaire
- La phrase clé :« Last time Iran decided that they were better off not making a Deal, and they were hit with Midnight Hammer — That did not work well for them. » (La dernière fois, l’Iran a décidé qu’il valait mieux ne pas conclure d’accord, et il a été frappé par le Midnight Hammer — ça ne lui a pas réussi.) est une référence directe à la frappe militaire qui les attend s’ils continuent de jouer au chat et à la souris.
- Trump ne tourne pas autour du pot : « Si vous ne signez pas, on va vous frapper très fort et ça finira très mal pour vous »
- La menace est explicite et non dissimulée, il n’emploie pas le langage diplomatique à mots couverts.
- Surtout, Trump positionne la négociation comme son alternative préférée – c’est constamment sa doctrine – mais pas exclusive (« it will be a preference »).
Concernant Gaza, Trump exagère très largement, et il manque sérieusement de réalisme : Il n’y a pas la paix au Moyen-Orient ! Chaque jour ou presque, Tsahal est contraint d’intervenir à Gaza et d’éliminer des terroristes du Hamas qui franchissent la ligne jaune, au Liban contre des terroristes du Hezbollah qui tentent de reconstruire leur infrastructure terroriste, en Judée Samarie pour des opérations de contre-terrorisme, et aussi en Syrie.
Mon impression, soit Trump s’offre une séance de méthode Coué, soit il fait de la propagande pour des raisons politiques internes (pour la minorité isolationniste de son parti), soit il reçoit une vision très partielle de la part de Witkoff et Kushner, lesquels sont probablement pressés de monter des opérations de développement immobilier luxueux sur le front de mer de Gaza. Plus réaliste cependant, et le connaissant, je pense qu’il exagère comme très souvent, et qu’il considère que la disparition des tirs de roquettes + les accords = « peace ».

Et pendant que j’écris ces lignes, une dépêche indique que le Pentagone a ordonné à un deuxième groupe de porte-avions d’attaque de se préparer à se déployer au Moyen-Orient.

