110 voix pour, zéro contre : le projet de loi de la coalition visant à dissoudre la Knesset a été adopté en première lecture.
Mais, mais, mais… pourquoi cela ? Ce n’est pas contre ses intérets ? Ils ont voté pour s’auto dissoudre !
Non, ce n’est pas contre les intérêts de la coalition d’avoir voté pour la dissolution. Aau contraire, c’est une manœuvre pour se protéger.
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J’explique :
La coalition de Netanyahu (Likud + partenaires de droite et ultra-orthodoxes) a déposé ce projet de loi de dissolution pour reprendre le contrôle de l’agenda électoral face à une crise interne majeure. Le vote en première lecture (préliminaire) avec un score écrasant comme 110-0 reflète un consensus large, y compris de l’opposition sur le principe, même si les détails (date exacte) restent à négocier.
Pourquoi cette dissolution maintenant ?
La raison principale est la crise sur la conscription des ultra-orthodoxes (Haredim) :
- Les partis Haredim (Shas, UTJ/Degel HaTorah) menaçaient de faire tomber le gouvernement et de voter avec l’opposition parce que Netanyahu n’a pas réussi à faire passer une loi d’exemption permanente du service militaire pour les étudiants de yeshiva.
- Les Haredim ont annoncé qu’ils soutiendraient la dissolution. L’opposition (Lapid, Bennett, etc.) a déposé ses propres projets pour forcer des élections rapides.
- En déposant son propre texte, la coalition (signé par tous ses chefs de file) empêche l’opposition de dicter le timing et les conditions. Elle a saisi l’initiative des mains de l’opposition et des Haredim.
Avantages pour Netanyahu :
- Choisir une date favorable (probablement fin août ou septembre, via la commission de la Knesset qu’ils contrôlent), plutôt que de risquer un vote immédiat ou une implosion incontrôlée.
- Éviter que les élections tombent pile après l’anniversaire du 7 octobre (date sensible politiquement).
- Montrer aux électeurs Haredim que leurs partis « agissent » (protestation symbolique sans perdre tout le pouvoir).
- Les élections étaient prévues au plus tard le 27 octobre 2026. La dissolution avance cela de quelques semaines/mois (minimum 90 jours après adoption finale), mais la coalition garde la main sur le calendrier.
Est-ce risqué pour Netanyahu ?
Oui et non. Les sondages actuels des chaînes et médias de gauche lui sont plutôt défavorables (opposition comme le duo Lapid-Bennett ou d’autres blocs pourraient gagner), mais ceux des médias de droite disent tout l’inverse. Cependant, les sondages en ce moment ne veulent pas dire grand chose, en Israël, ou des événements sécuritaires majeurs se produisent presque chaque jour.
- Dissoudre soi-même évite une défaite humiliante via une motion de l’opposition.
- Cela fige le paysage et permet de négocier des alliances ou de légiférer rapidement avant la fin de la législature (ex. : aides aux Haredim).
- La coalition reste unie sur ce vote (d’où le score unanime en première lecture).
C’est un classique en politique israélienne : quand une coalition vacille, elle préfère « saborder » le Parlement elle-même pour contrôler la chute plutôt que de se faire renverser.
En résumé :
Ce n’est pas la fin de Bibi, et ce n’est pas du suicide politique.
C’est une tactique défensive pour gérer une crise Haredim qui menaçait de tout faire exploser.
La suite dépendra des lectures suivantes du texte et de la date exacte fixée.
Les élections restent très probables cet été/automne.
Et bien entendu, les médias « bien intentionnés » de gauche disent que c’est la catastrophe pour Bibi.
