Comment se fait-il qu’à ce jour aucun des chefs de l’opposition n’ait félicité ou simplement réagi à la décision d’abandonner toutes les poursuites contre les soldats dans l’affaire Sdé Teiman ?
Deux anciens Premiers ministres, Lapid et Bennett, deux anciens ministres de la Défense, Liberman et Gantz (ainsi que Bennett en fait), deux anciens chefs d’état-major, Eisenkot et Herzi Halevi (trois avec Gantz) – sont restés silencieux après que des soldats de Tsahal aient été blanchis d’une accusation mensongère qui leur avait été imputée.
Ne devraient-ils pas être satisfaits qu’un fardeau lourd, celui d’une accusation infondée qui a résonné dans le monde entier, ait été levé ? Aucun d’entre eux n’a exprimé le moindre mot à propos d’un fait aussi rare que l’abandon des poursuites, et cela dans de telles circonstances.
Que cela révèle-t-il à leur sujet s’ils étaient au pouvoir aujourd’hui ?
Examinons l’attitude du dirigeant que la presse aime détester.
Benjamin Netanyahu a réagi le jour même de l’annonce de l’abandon des poursuites (12 mars 2026) contre les soldats impliqués dans l’affaire du centre de détention de Sde Teiman detention facility.
Selon les comptes rendus d’agence, Netanyahu a salué la décision et a réaffirmé une ligne très claire : l’État doit soutenir ses soldats en temps de guerre.
La formulation rapportée par les médias est, en substance :
Israël doit se concentrer sur ses ennemis, pas sur ses soldats.
La décision d’abandonner les poursuites est conforme au devoir de soutenir les combattants engagés dans la guerre.
- Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a été à son habitude l’un des plus virulents. Lors de l’annonce de l’abandon des poursuites, il a présenté la décision comme la preuve que les soldats n’auraient jamais dû être poursuivis. Il a rappelé que les soldats ont été « humiliés » et traités comme des criminels, que l’enquête était injustifiée, et il a accusé le système judiciaire militaire d’abandonner une fois de plus les combattants.
- Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a également été très offensif. Il a apporté son soutien total aux combattants de Tsahal, a critiqué des enquêtes internes qui, selon lui, affaiblissent l’armée pendant la guerre, et a dénoncé une une campagne de délégitimation contre les soldats.
- Le ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu (parti Otzma Yehudit) a tenu des propos similaires : dénonciation d’une “persécution” des soldats, critique de la justice militaire.
- Amichai Chikli, le ministre des Affaires de la diaspora, a lui aussi tenu des propos très clairs. Il a mis l’accent sur les dommages causés à l’image d’Israël par l’affaire, et la nécessité de défendre les soldats contre des accusations diffamatoires.
- Le silence du chef d’Etat major Eyal Zamir est conforme à la pratique militaire israélienne. Mais je me demande si un chef d’Etat major de la droite sioniste serait resté silencieux.
- Le ministre de la Défense Israel Katz n’a pas non plus publié de déclaration marquante au moment précis de l’annonce de l’abandon des poursuites, probablement pour éviter de s’opposer publiquement au système judiciaire militaire, dirigé par la procureure militaire.
