Washington ne s’est pas inspiré du modèle européen, ou français, où l’Etat a toléré la présence des Juifs en leur donnant des droits égaux aux autres citoyens. Il a déclaré tout l’inverse à la congrégation de Newport.
« On ne parle désormais plus de tolérance, comme si c’était par la bienveillance d’une classe de personnes qu’une autre jouissait de l’exercice de ses droits naturels inhérents. »
Que voulait-il dire ? Que la tolérance implique qu’un groupe détienne des droits et en accorde à un autre, les Juifs. Et il s’opposait à ceci.
Pour lui, ce modèle qui a été adopté par toutes les sociétés européennes où les Juifs n’avaient jamais vécu était incompatible avec ce que l’Amérique avait construit. Pour lui, les droits des Juifs dans la nouvelle république ne nécessitaient aucune autorisation de la majorité, car ces droits étaient inhérents. Ils constituaient des caractéristiques structurelles de la république elle-même, et non des faveurs accordées par la culture dominante aux Juifs.
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Washington a expliqué à l’assemblée que l’égalité des Juifs et de tous les peuples était inscrite dans les fondements mêmes de la nation, et non pas la réflexion après coup d’un groupe de dominants.
Dans leurs pamphlets et leurs sermons, les Pères fondateurs citaient la Bible hébraïque plus que tout autre texte.
Lorsque Benjamin Franklin et Thomas Jefferson furent chacun invités, indépendamment l’un de l’autre, à proposer un sceau pour la nouvelle nation, tous deux se tournèrent vers la même image : les israélites traversant la mer, libérés de l’esclavage, se dirigeant vers une terre promise régie par la loi plutôt que par le sang.
Franklin et Jefferson n’avaient guère d’autres points communs sur le plan théologique, mais ils s’accordaient sur ce modèle. Il datait de 3 000 ans.

