Israël est profondément marqué par le traumatisme du 7 Octobre et les durs combats qui ont suivi.
Le pays pleure ses morts et panse ses plaies ; il a mal vécu l’abandon de l’opinion publique du monde, qui a soutenu et soutient encore l’agresseur.
Le Hamas n’a toujours pas rempli ses obligations dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu ; il n’a pas restitué la dépouille du dernier otage, le policier Ran Gvili, et, loin de se désarmer, il s’emploie à recruter de nouveaux militants et d’asseoir par la terreur son emprise sur la population.
Pourtant les appels au passage de la seconde phase de l’accord sans plus attendre se multiplient.
Il faut dire que les milliards déjà programmés pour la reconstruction de Gaza attirent bien des convoitises.
L’administration américaine a mis au point une feuille de route détaillée.
Pour aider le comité technocratique palestinien de 15 membres devant assurer l’administration provisoire du territoire, un Conseil de Paix sera chargé « de guider la reconstruction de Gaza et d’en coordonner le financement ».
Chaque État membre exercera un mandat d’au plus trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la Charte l’établissant, sous réserve de renouvellement par le président du Conseil, le président américain Donald Trump.
La durée de trois ans ne s’appliquera pas aux États membres qui verseront plus de 1 000 000 000 USD en fonds en espèces au Conseil de la paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte.
Parmi les membres de ce Conseil figurent notamment Marco Rubio, Steve Witkoff, le gendre de Donald Trump et médiateur officieux Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le président de la Banque mondiale Ajay Banga.
Certaines de ces personnalités seront aussi membres d’un Conseil exécutif dont le mandat est de soutenir « une gouvernance efficace et la fourniture de services de pointe qui favorisent la paix, la stabilité et la prospérité pour la population de Gaza ».
Outre Steve Witkoff, Jared Kushner, Tony Blair et Marc Rowan, y siégeront le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Sigrid Kaag, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, le chef des services de renseignement égyptien Hassan Rashad, et la ministre d’État émiratie à la Coopération internationale, Reem Al-Hashimy.
Une composition qui suscite les plus grandes inquiétudes en Israël en dépit de la présence du milliardaire israélien Yakir Gabay.
Qatar qui a financé le Hamas par le passé et qui accorde toujours son hospitalité aux dirigeants du mouvement est pratiquement considéré comme un pays ennemi ; quant au président turc, le ton de ses interventions contre l’État juif est d’une virulence extrême.
Ces deux pays comptent pourtant intégrer leurs troupes dans la force internationale chargée de veiller au désarmement du Hamas.
Reste à savoir ce qui va rester de ce beau – trop beau ? – programme.
© Michèle Mazel pour Israël 24 7.org

Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique. Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède. Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.

