Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné à l’équipe de négociation de se rendre au Caire pour reprendre les discussions sur la continuation de l’accord sur les otages avec le Hamas, après l’achèvement de la première phase. Suite à cette annonce, des responsables israéliens anonymes ont déclaré s’attendre à ce que le Hamas libère des captifs supplémentaires dès samedi, en échange d’une prolongation de la trêve.
Par ailleurs, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé l’engagement d’Israël à récupérer davantage d’otages de Gaza, soulignant que la trêve a été acceptée uniquement pour faciliter ce processus. Il a insisté sur le fait que le Hamas ne doit pas garder le contrôle de Gaza.
En outre, Katz a exprimé son soutien à l’émigration volontaire des Gazaouis, par le port d’Ashdod ou l’aéroport Ramon près d’Eilat – mais tout reste à l’état des mots : aucun message n’a été envoyé aux habitants qui voulaient partir.
Un responsable israélien a également informé que l’armée israélienne ne se retirera pas du corridor de Philadelphie qui sépare Gaza de l’Égypte, malgré les exigences de la trêve, afin d’empêcher les terroristes du Hamas de se regrouper, de se réarmer et d’attaquer à nouveau.
Le Hamas se voit proposer trois choix :
- se rendre, se désarmer et s’exiler pour mettre fin à la guerre ;
- revenir à des combats à grande échelle,
- Ou la meilleure offre pour le Hamas, prolonger la première phase de la trêve par de nouveaux échanges d’otages contre des prisonniers terroristes ainsi qu’une aide humanitaire accrue ;
Que comprendre de cet immobilisme mou de la part de Netanyahou : il a les mains liées et subit les pressions de l’administration Biden. Ah non. L’administration a changé… C’est même plus radical que ça, comme changement :
- Donald Trump a dit, publiquement et en personne à Netanyahou, que c’était à Israël de décider ce qu’il voulait faire pour la phase 2,
- Il a ajouté qu’il soutiendrait n’importe quelle décision qu’Israël prendrait.
- Et Netanyahou ne change pas sa stratégie ?
Pourquoi ?
Netanyahou ne peut pas se cacher derrière le blocage des livraisons d’armes : Trump a tout livré, et a même promis des armes et des bombes supplémentaires.
Netanyahou ne peut pas se plaindre des pressions de l’administration américaine : elle l’incite à se débarrasser du Hamas et soutien Israël à 100%.
Il ne peut pas craindre les pressions internationales, les Etats-Unis lui servent de bouclier devant toutes les instances, y compris la CPI.
Autrement dit…
Selon l’opinion générale (que je n’ai jamais partagée, lire mes précédents articles1), Netanyahou a été principalement entravé dans ses objectifs par l’administration Biden.
Admettons.
Dans ce cas, comment expliquer que lorsque l’administration Biden disparaît, et est remplacée par une administration Trump bien plus au fait de la réalité, Netanyahou n’en profite pas pour durcir sa position, et changer de stratégie ?
Le bon sens donne la réponse :
Biden n’était pas le principal obstacle qui s’opposait à la réalisation des objectifs de la guerre que Netanyahou avait énoncés. L’armée est l’obstacle. Le Shin Bet est l’obstacle. Le Mossad est l’obstacle. Les services de renseignement israéliens sont l’obstacle.
C’est eux, cette gauche qui a infiltré toutes les institutions, qui depuis tant d’années idéalise les Arabes de Gaza et de Judée Samarie ; multiplie les gestes et les aides économiques ; s’abstient de riposter sérieusement lorsque le Hamas tire des milliers de roquettes sur Israël ; ignore les vols de terres par les arabes dans la zone C ; évite de détruire les constructions arabes illégales en Judée Samarie et dans le Negev ; refuse d’appliquer les lois sur la confiscation des fonds de l’Autorité palestinienne qui vont aux salaires des terroristes emprisonnés ; retire les points de contrôle en Judée Samarie afin de dissuader les juifs pionniers de s’y installer ; et multiplie les gestes d’apaisement chaque fois qu’un dossier brûlant fait l’actualité – y compris les visites au mont du Temple, interdites pour ne pas froisser les Arabes.
C’est encore eux qui ont reconnu être responsables de ne pas avoir su décoder les signes envoyés par le Hamas avant le 7 octobre, mais ne disent pas pourquoi ils n’ont pas décodé ces signes. Je vous dis pourquoi : ils voulaient croire que la paix et le vivre ensemble pour lesquels ils militent depuis toujours commençaient à payer leurs dividendes, et que les terroristes avaient tourné le dos à la terreur pour améliorer l’économie de Gaza et le sort de leurs habitants. Tout écart avec cette idéologie était accueilli avec dédain.
Et que fait Netanyahou, dont beaucoup ont pensé que sa retenue pendant 1 an était motivée par les pressions de l’administration Biden ? Rien, il ne change rien de la stratégie précédente.
Après 15 mois de combats, aucun des quatre objectifs de la guerre que Netanyahou a annoncé n’ont été réalisés (c’est d’ailleurs pourquoi Donald Trump a fortement incité Netanyahou a accepter l’accord d’échange de la première phase).
- Il n’y a pas eu de récupération des otages,
- il n’y a pas eu de démantèlement du Hamas,
- il n’y a pas eu d’empêchement du Hamas de se reformer,
- il n’y a pas eu de rétablissement de la sécurité pour les habitants de la région frontalière.
Netanyahou n’a pas atteint ses objectifs. Biden n’est plus là pour l’en empêcher. Trump lui a donné carte blanche. Et il n’en profite pas pour adopter un changement radical et efficace pour renverser la situation.
Netanyahou pourrait appliquer le droit de la guerre et confisquer Gaza. Le droit de la guerre est clair : quand un ennemi vous attaque, et que vous réussissez à le vaincre, les territoires conquis reviennent à celui qui a gagné la guerre. Comme en Egypte. C’est ce qu’Israël a fait au Liban : Israël se retire mais conserve 5 points de sécurité dans 5 villages importants. C’est ce qu’Israël fait en Syrie, en gardant le contrôle de 320 km de territoires pour se protéger des terroristes qui ont pris le pouvoir. Et pas à Gaza ?
Ce ne sont pas les solutions qui manquent, pour la phase 2 :
- Netanyahou devrait mettre un arrêt total à la libération de terroriste. Zéro terroriste ne sera libéré. Jamais.
- Israël devrait interdire toute livraison d’aide humanitaire tant que les otages ne sont pas libérés. Vous voulez de l’eau ? C’est eau contre otages.
- Tsahal devrait exhiber les prisonniers du Hamas en petite culotte, comme les soldats ont eu la bonne idée de le faire au début, mais ont été sanctionnés parce que c’était humiliant (un pur témoignage de la pensée progressiste).
- Netanyahou devrait exiger des preuves sur l’état de santé des otages, et exiger qu’ils soient mieux traités et correctement nourris.
- Israël devrait commencer à confisquer des terres à Gaza et en Judée Samarie pour chaque jour de retard à se conformer aux exigences précédentes.
Et si tout cela ne suffit pas,
- Israël doit installer la population de Gaza dans un seul ou plusieurs endroits préparés pour ça, et de lui interdire d’en bouger. Et arrêter, comme pendant 1 an, de les déplacer d’un coin à l’autre, par humanité, pour leur permettre de rentrer chez eux dès que possible, facilitant à chaque fois les déplacements des combattants du Hamas infiltrés parmi eux.
- Et bombarder. Et pas en envoyant des tracts pour que les terroristes aillent se cacher : bombarder leur sale race de tueurs. Jusqu’à ce qu’ils supplient et rendent les otages.
Sauf que cela n’arrivera pas. Pourquoi ? Parce que la gauche est à la tête de Tsahal, du Shin Bet, du Hamas et des services israéliens de renseignement, et qu’ils ne veulent pas faire de mal aux « pauvres Palestiniens ». Ils veulent leur livrer de l’aide humanitaire.
On ne livre pas d’aide humanitaire quand on veut forcer à rendre les otages.
Et si – ce que je crois – Netanyahou a accepté sous la contrainte de livrer l’aide humanitaire, sous les pressions de l’ancien secrétaire d’Etat Antony Blinken, qui menaçait d’un embargo voire plus, puis-je humblement faire remarquer qu’il n’y a plus de Blinken, plus de Biden, plus de menaces, plus d’embargo, mais un président Trump qui s’impatiente de voir les otages revenir au compte-gouttes, humiliés, émaciés, et qu’Israël ne fasse rien.
© Jean-Patrick Grumberg pour Israël 24 7.org
- https://israel247.org/pourquoi-netanyahou-est-contraint-daccepter-un-mauvais-accord-sur-les-otages-140424.html ↩︎