À quelques jours de quitter officiellement ses fonctions de commandant du United States Central Command (CENTCOM), le général Michael Erik Kurilla a tenu des propos particulièrement clairs et inhabituels lors d’une récente table ronde stratégique organisée par l’IAC (Conseil Israelo-américain).
Interrogé sur les conditions nécessaires à une opération militaire américaine d’envergure contre l’Iran, le général a insisté sur trois préalables incontournables avant même d’envisager une quelconque action :
- Une réponse extrêmement sérieuse à la question « And then what ? » (« Et ensuite ? »)
- Un alignement total et préalable de l’ensemble de l’appareil gouvernemental américain (pas seulement le Pentagone) sur les objectifs stratégiques recherchés
- La capacité à compter sur des partenaires réellement capables d’apporter une valeur ajoutée décisive dans une opération de cette ampleur
C’est sur ce dernier point que le général Kurilla a été le plus direct. Utilisant une expression familière américaine, il a déclaré :
« Si on parle d’une opération de cette échelle… je voudrais pouvoir décrocher mon téléphone et appeler un ami. Et l’ami que j’appellerais, c’est Israël. »
Derrière cette formule presque légère se cache une appréciation très nette et très opérationnelle de la réalité militaire actuelle au Moyen-Orient. Selon le général Kurilla, Israël représente aujourd’hui le seul partenaire allié qui cumule simultanément :
- une connaissance intime et actualisée en permanence du dossier iranien (renseignement humain, signaux, imagerie)
- des capacités aériennes de très haut niveau adaptées aux frappes à très longue distance
- une expertise reconnue dans la neutralisation d’installations nucléaires fortement fortifiées et enterrées et des bases de missiles
- une volonté politique et une capacité d’exécution rapide qui font souvent défaut à d’autres alliés potentiels
Le message sous-jacent est limpide :
les États-Unis disposent bien sûr de la puissance militaire brute nécessaire pour frapper l’Iran. Mais pour transformer une frappe en un véritable coup stratégique capable de régler leur compte aux terroristes dictateurs qui dirigent le pays, Washington a aujourd’hui besoin de l’apport israélien, tant sur le plan des renseignements que sur celui de l’exécution.
© Jean-Patrick Grumberg pour Israël 24/7.org
