Hier soir lors d’une conférence de presse virtuelle – la première depuis le déclenchement du conflit le 28 février dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré vouloir provoquer l’effondrement du gouvernement en encourageant les Iraniens à se soulever.
Des vidéos circulent sur X, montrant un point de contrôle des Basij en flammes. Au moins dix points de contrôle comme celui-là auraient été attaqués pendant la nuit.
Israël a confirmé avoir frappé les barrages routiers et les soldats du Basij récemment mis en place à Téhéran. Trois jours plus tôt, l’armée israélienne avait discrètement commencé à frapper des cibles militaires et sécuritaires à Ispahan, notamment des installations du Corps des gardiens de la révolution islamique et du Basij.
Ces frappes contre les checkpoints des milices Basij par Israël suggèrent d’ailleurs un niveau d’implantation du renseignement israélien à l’intérieur de l’Iran nettement supérieur à ce que l’on attribue généralement aux États-Unis. Depuis plus d’une décennie, le Mossad a démontré une capacité exceptionnelle à opérer à l’intérieur même du territoire iranien (souvenez-vous du vol des archives nucléaires iraniennes de 2018 : un commando a extrait des tonnes de documents d’un entrepôt sécurisé à Téhéran).
Les frappes sur des positions locales des Basij impliquent presque nécessairement :
- l’identification de sites réellement utilisés pour la répression
- une géolocalisation très précise des postes actifs
- la connaissance des rotations de personnel
Il s’agit donc de la nouvelle phase, la phase 3, qui vise l’appareil oppressif du régime, et a pour objet de permettre au peuple iranien de se soulever et de renverser leur gouvernement terrorisme – « s’ils le décident », ont insisté le Premier ministre israélien et le président Trump.
Dans le détail
1. Ce qui s’est passé cette nuit
Selon plusieurs sources concordantes :
- Des drones ont frappé plusieurs points de contrôle des Basij à Téhéran.
- Au moins une dizaine de checkpoints ont été touchés ou détruits.
- Plusieurs membres des milices auraient été tués ou blessés.
- Les frappes ont été réalisées avec renseignement précis, visant des positions utilisées pour le contrôle de la population.
Certaines sources indiquent que des informations de ciblage proviennent directement d’Iraniens sur place, transmises via des canaux en persan puis vérifiées avant frappe.
Autrement dit : il pourrait y avoir une coopération informelle avec des opposants internes.
2. Pourquoi les checkpoints Basij sont une cible stratégique
Les Basij sont une milice dépendant des Gardiens de la Révolution (IRGC). Leur rôle n’est pas militaire classique, mais de contrôle intérieur :
- surveillance des rues
- répression des manifestations
- contrôle des véhicules et des identités
- arrestations d’opposants
- intimidation de la population
Ces checkpoints sont le maillage de contrôle du régime dans les villes du pays.
Les frapper a trois effets :
- Briser le contrôle des rues
- Réduire la capacité de répression immédiate
- Encourager un soulèvement tant de la population que des fonctionnaires du régime
3. Une nouvelle phase de la guerre
Il s’agit d’une troisième phase du conflit (les deux premières phases n’ont pas été abandonnées)
- Phase 1
Destruction de capacités offensives :
- nucléaire
- missiles
- drones
- bases militaires
- Phase 2
Décapitation militaire et des capacités de l’industrie militaire :
- commandants IRGC
- centres de commandement
- usines de fabrication et lieux de stockages
- Phase 3 (celle qui commence)
Attaque de l’appareil de répression intérieure :
- Basij
- police politique
- checkpoints
- centres de détention
Objectif probable : affaiblir la capacité du régime à tenir la rue si une révolte éclate, et ce en parfaite synchro avec les messages du président américain et du Premier ministre israélien.
4. Pourquoi c’est potentiellement explosif
Dans l’histoire du renversement des régimes totalitaires, le moment critique est celui où la police politique perd le contrôle local.
En Iran, les Basij jouent ce rôle depuis :
- les manifestations de 2009
- la répression de 2019
- le mouvement “Femme, Vie, Liberté” de 2022
- la révolte de janvier 2026
Si leurs positions urbaines sont neutralisées :
- les manifestations peuvent se propager
- les arrestations deviennent plus difficiles
- la peur recule
5. Ce que cela peut annoncer
Trois scénarios possibles :
1. Pression pour provoquer une insurrection
Stratégie : affaiblir la répression pour permettre à la rue de renverser le régime.
2. Guerre prolongée
Frappes régulières sur :
- IRGC
- Basij
- infrastructures de sécurité
Afin de désorganiser le régime et de les pousser à commettre des erreurs stratégiques.
3. Effondrement interne rapide
Si :
- les forces de sécurité se fragmentent
- ou si certaines unités refusent de tirer.
Alors la chaîne de commande et le système hiérarchique s’écroulent et la tête du pays perd le contrôle de ses moyens de répression et de frappes.
Conclusion :
Les frappes contre les checkpoints Basij ne sont pas un détail tactique ou des vidéos banales.
Elles indiquent un changement stratégique important qui agira sur plusieurs tableaux : la guerre vise maintenant l’architecture de contrôle interne du régime iranien.
© Jean-Patrick Grumberg pour Israël 24/7.org

