Le Moyen-Orient est en flammes et l’Europe contemple avec effroi les conséquences économiques et géopolitiques grandissantes de la situation.
De graves menaces pèsent sur la navigation maritime et sur l’approvisionnement en pétrole, dont le prix est en hausse.
Pourtant, l’Europe reste sur l’expectative et ne veut ni intervenir militairement ni même permettre aux avions américains d’utiliser les bases dont disposent, par exemple, la France et le Royaume-Uni.
On se contente de condamnations et de discours comminatoires adressés aux dirigeants américains et israéliens.
Passons sur l’indignation de ce champion des droits de l’homme qu’est Vladimir Poutine, qui a dénoncé la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, qualifiant cet acte de « violation cynique » de « la morale et du droit international ».
En Grande-Bretagne, où se sont tenues des veillées funèbres pour le défunt guide suprême, le Premier ministre Sir Keir Starmer a demandé à Donald Trump de négocier avec l’Iran, se disant convaincu que les deux pays doivent « désamorcer » la crise par des pourparlers.
Le Royaume-Uni maintient pourtant une présence militaire stratégique dans le Golfe – au Qatar, à Bahreïn et à Oman – via des accords de défense bilatéraux visant à sécuriser la région, lutter contre les drones et soutenir la « légitime défense collective ».
Mais Londres n’est pas pressé d’agir face aux attaques à répétition.
« La France ne fait pas la guerre au Moyen-Orient et ne va pas s’y engager… On n’est pas au combat », a assuré Emmanuel Macron jeudi soir.
Pourtant, il existe des accords de défense réciproques avec plusieurs pays du Golfe, notamment le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis, ainsi que des bases militaires françaises au Proche et au Moyen-Orient.
Des dizaines de milliers de Français, vacanciers ou expatriés, se trouvent aujourd’hui piégés dans les pays du Golfe, soumis aux attaques intensives de l’Iran qui ciblent également hôtels et installations civiles.
Ils demandent instamment à Paris d’organiser leur rapatriement.
Au Liban, l’organisation terroriste Hezbollah, qui s’était initialement abstenue d’intervenir, a finalement cédé aux pressions de son parrain iranien et ouvert un nouveau front.
Elle cible désormais sans relâche le nord d’Israël pratiquement à bout portant.
Ce n’est pourtant pas le sort des populations israéliennes, qui ont à peine le temps de se mettre à l’abri tant les tirs sont proches, qui semble préoccuper le président français.
Comme souvent, sa sollicitude se tourne vers le pays du Cèdre.
La France réaffirme son soutien indéfectible au Liban face à la crise actuelle, en se mobilisant sur les plans humanitaire, politique et militaire.
Paris a annoncé l’envoi d’une aide d’urgence – médicaments et abris – pour les déplacés, ainsi que le renforcement des capacités des forces armées libanaises avec du matériel blindé.
La diplomatie française affirme œuvrer activement pour un cessez-le-feu et pour la stabilité régionale.
Emmanuel Macron avait pourtant averti Israël de ne pas envoyer de troupes au Liban et s’élève aujourd’hui contre l’opération terrestre déclenchée par l’armée israélienne pour éloigner le danger.
Il serait peut-être plus utile d’exiger que le Hezbollah cesse ses attaques.
Mais le président français a sans doute oublié le vieil adage : « Que messieurs les assassins commencent. »
© Michèle Mazel pour Israël 24 7.org

Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique. Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède. Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.

