« Je suis juif et israélien et je crois en la venue du Messie ». Dans son contexte c’est bien ce que ce patch/emblème signifie, bien qu’il importune la discipline exigée par l’armée…
Le coup est double. La démocratie permet la liberté du culte mais se heurte aux exigences de la discipline militaire. Ce petit drame culmine par l’arrestation de l’officier qui s’est permis d’accoler à son uniforme le patch « Massiah », et par une incarcération outrageante.
Tout ce micmac entraîne dans son sillon bien des contestations spécialement par la magistrature, le cadre militaire, le cadre religieux et les croyants.
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La gauche politique jubile… Elle peut enfin porter atteinte à la droite et aux religieux… Et la droite de son côté joue à l’offensée et riposte… Les deux camps se cherchent depuis toujours mais c’est la première fois, que la droite lève son nez et se prépare à parer aux coups bas de la gauche, tant dans le domaine judiciaire, que dans tous les autres domaines : détournement de toutes les universités, abolition du Tanakh dans le système éducatif… distinction entre le gauchiste et celui de droite… Limitations, opportunités, préférences… Une véritable guerre civile qui bouillonne dans les soubassements du petit État Juif d’Israël…
On se demande souvent où est la liberté que nous prêchons à tout va ?
Elle n’existe pas. Nous sommes tous les esclaves du plus fort, de nos conceptions, de nos croyances, de nos ambitions, nos superstitions et surtout du jeu perfide du mal qui revêt des formes diverses et malignes pour exacerber les sens et activer le feu du conflit.
N’omettons pas que nous sommes tous prisonniers de nous-mêmes.
Les répercussions se traduiront dans tous les milieux, là où chacun se croit assez libre d’offrir son avis, d’éjecter sa colère et sa frustration.
C’est toujours et à l’infini, une véritable torsion de bras.
Si ce patch avait été dissimulé sous la chemise de l’officier, tout se solderait par la comédie enfantine de l’ignorance, voulue et jouée. Mais le simple fait de l’avoir exhibé, ouvrait une brèche au sein de cette communauté prétendument étanche à la foi.
« Tout au long de l’histoire, de nombreux guerriers et soldats ont affiché leur foi et leurs convictions religieuses directement sur leurs armures et uniformes. L’usage de ces symboles permettait d’exprimer la dévotion, d’invoquer la protection divine, ou d’identifier clairement les combattants sur le champ de bataille.
– Les Croisés (Moyen Âge) : Les chevaliers chrétiens, tels que les Templiers ou les Hospitaliers, portaient des tuniques et des manteaux blancs ornés d’une croix rouge, le symbole universel de leur foi. La croix servait également de signe de ralliement.
– Les Guerres de Religion en France : Au cours du XVIe siècle, catholiques et protestants se distinguaient par des marques vestimentaires. Les soldats de l’armée royale devaient notamment arborer une croix sur leur habit ou une écharpe blanche, symbole marial très fort dans le camp catholique.
– L’Empire ottoman et les Janissaires : Les troupes d’élite ottomanes intégraient des symboles spirituels. Liés à l’ordre mystique soufi des Bektachi, beaucoup de janissaires portaient des emblèmes spécifiques sur leurs couvre-chefs qui témoignaient de leur appartenance religieuse et de leur dévotion.
– Les guerriers de l’Islam à l’expansion : Lors des premières grandes batailles de l’Islam, les bannières et les signes distinctifs portés par les troupes (comme les compagnons du prophète) affichaient l’engagement spirituel et la foi qui unifiaient les armées.
– Les samouraïs (Japon) : Bien qu’imprégnés du code du Bushidō, ces guerriers intégraient le syncrétisme religieux japonais. Il était fréquent de voir des symboles du bouddhisme (comme des représentations de divinités protectrices) ou du shintoïsme gravés sur leurs armures ou leurs casques.
À l’époque contemporaine, la plupart des armées nationales ont adopté la laïcité dans leurs règlements. L’expression de la foi sur l’uniforme se limite généralement à la présence des aumôniers militaires, qui portent des insignes spécifiques (tels qu’une croix, une étoile de David ou un croissant) pour identifier leur culte et accompagner spirituellement les troupes.
La colère qui s’ensuivit, plus ou moins justifiée des religieux, se traduit en ligne par une prise d’attitude antithétique contre le chef d’État major, l’accusant de prôner pour la laïcité… offrant du grain au moulin des contestants de la droite et aux religieux.
Un manque abyssal de diplomatie qui approfondit sans cesse le fossé entre le juif croyant et le juif laïc. Fossé, activement forgé par la gauche politique qui s’est emparée vicieusement de toutes les positions clefs afin d’anéantir tout emblème ou caractéristique religieux en Israël.
Mais à la guerre comme à la guerre, tous oublient que la résilience du petit Israël Juif dépend principalement de son union, sa particularité et exemplarité.
Pourquoi alors fermer les yeux sur les enjeux ? Toujours pour les mêmes raisons : Le pouvoir, la force, l’ambition, la maîtrise, la domination… Là où le juif n’est guère différent des autres humains… Là où le juif perd sa raison d’être et se fourvoie dans les méandres de l’inconscience et le retour vers l’abîme de ses erreurs. Exil, perte de foi, vagabondage, nullité et manque d’horizon et de perspective.
Les temps sont cruciaux, comme toujours, et Israël d’aujourd’hui n’est guère différent de ce qu’il a été tout au long de l’histoire… L’Égypte oublié, l’esclavage aussi, les guerres qui se sont abattues sur ce peuple d’errants, la discrimination, la traque, la mort, la shoah et ses camps de concentration… le retour, la renaissance, la redécouverte des vertues oubliées… Pour chuter encore une fois dans l’erreur, dans la cécité… dans les paroles doucereuses des « Dothans ».
Qu’avons-nous réellement appris ? Rien, sinon très peu si nous sommes à nouveau prêts à reprendre le baluchon pour sillonner les ruelles des autres métropoles, sans refuge ni abri, nu devant l’intempérie, la précarité, la haine et la solitude.
Alors le juif qui refuse sa judéité, en a honte, l’exècre et s’empresse de jouer au caméléon, regagnera l’ombre et vivra comme il a toujours souhaité, dans l’incognito, dans ce qu’il croit être l’étape finale…
Existe-t-elle cette étape ?
© Thérèse Zrihen-Dvir

