On se frotte les yeux : des drapeaux israéliens brandis au cœur des capitales européennes.
On se frotte les yeux. À Londres, à Paris, à Berlin et même à Genève, est-ce bien le drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David qui est brandi avec enthousiasme par des centaines de participants ?
Des centaines… certes pas l’ampleur des manifestations contre Israël mais un peu de réconfort pour les Israéliens qui vivent des heures difficiles au rythme d’alertes qui se succèdent de jour comme de nuit.
Au cœur de ces démonstrations, des Iraniens en exil et des sympathisants qui tiennent à exprimer leur reconnaissance à l’État d’Israël qui se bat pour le peuple iranien et en paye le prix, tandis que les grandes puissances européennes se lavent les mains de ce conflit qui n’est, disent-elles d’une seule voix, pas le leur.
Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que « la France n’a pas choisi cette guerre », ajoutant qu’elle ne ferait rien pour aider à sécuriser le détroit d’Hormuz afin d’assurer la liberté de navigation dans cette voie d’eau essentielle.
Sans doute trop préoccupé par l’enjeu des élections municipales, il a probablement oublié comment cette confrontation avait commencé.
Vous savez, ce soulèvement populaire des Iraniens n’en pouvant plus des longues années de dictature, de répression, de pénurie.
Las ! Que pouvaient des hommes et des femmes aux mains nues face aux Bassidji, ces forces de sécurité internes qui les ont littéralement massacrés, les poursuivant jusque dans les hôpitaux ?
Bilan : quarante mille victimes ?
Le monde a vu, le monde s’est tu… version moderne de « suis-je le gardien de mon frère ».
Enfin, pas tout le monde. Donald Trump s’est ému, Donald Trump a promis de l’aide. Et est intervenu, Israël à ses côtés.
En Allemagne, Friedrich Merz refuse de participer militairement à une intervention dans le détroit d’Hormuz, rejetant les demandes de Donald Trump d’impliquer l’OTAN contre l’Iran.
Berlin estime que ce conflit n’a « rien à voir » avec l’alliance défensive et refuse de devenir partie prenante de cette guerre – tout en souhaitant qu’elle se termine au plus vite.
L’Angleterre, liée par des accords de défense avec des pays du Golfe qui sont continuellement la cible de missiles iraniens, ne juge pas opportun de leur porter assistance ; elle envisage toutefois de participer à des opérations permettant de rouvrir le détroit d’Hormuz.
Quant à l’Union européenne : « elle a pris de nouvelles sanctions contre 19 responsables et entités iraniens, coupables de violations “graves” des droits humains », a indiqué mercredi la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, dans un message publié sur X.
Cette décision envoie « un message à Téhéran : l’avenir de l’Iran ne peut pas se construire sur la répression », a-t-elle déclaré.
Les dirigeants iraniens sont sûrement impressionnés.
Le chancelier allemand avait reconnu sans fard durant la « guerre des douze jours » en juin 2025 qu’Israël faisait « le sale boulot pour nous », et les Européens vont attendre placidement qu’il recommence.
© Michèle Mazel pour Israël 24 7.org

Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique. Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède. Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.

