A quoi vont ressembler les discussions entre l’Iran et les Etats-Unis à Oman

Ouverture aujourd’hui à Oman du cycle de pourparlers directs entre l’Iran et les États-Unis, entre l’envoyé spécial Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi dans un climat de scepticisme élevé.

Al Jazeera a révélé les détails du document-cadre élaboré par les pays médiateurs – la Turquie, le Qatar et l’Égypte – afin de prévenir une escalade militaire dans la région.

Ce document, transmis aux deux parties, exige du régime iranien des conditions particulièrement exigeantes qu’il avait refusées cette semaine, ce qui avait déclenché l’annulation de la rencontre.

L’Iran refusait de discuter d’autre chose que du nucléaire. Les Etats-Unis, par la voix du Secrétaire d’Etat Marco Rubio, ont insisté pour qu’elles abordent le nucléaire, les missiles, les organisations terroristes et le sort des manifestants. Face au refus de l’Iran, les Etats-Unis ont annulé la rencontre. L’Iran a finalement reculé, et après des messages contradictoires venant de sources officielles iraniennes, a accepté d’aborder le nucléaire, les missiles, les organisations terroristes, mais pas le volet sur les manifestations et les manifestants. Nous en sommes là.

D’après les informations publiques, le document préparé par les trois pays arabes médiateurs comprend :

Le document comprend des clauses de grande portée dans le domaine régional :

Malgré les fortes pressions exercées par la Turquie et le Qatar pour le succès des pourparlers, Israël estime que ces pourparlers sont voués à l’échec dès le départ.

Hier, la secrétaire de Presse de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a clairement expliqué que le président Trump ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur l’issue de la réunion d’aujourd’hui, et qu’il prenait en compte le fait qu’elles échouent. Beaucoup à droite lui reprochent de vouloir négocier, et disent qu’il perd son temps. Ces gens ne comprennent pas cet homme qui a écrit The Art of the Deal : négocier est ce qui a fait son succès dans sa vie professionnelle, puis dans sa vie politique, et si vous lui dites qu’il perd son temps avec les négociations, il vous répondra, amusé, comme il le fit lors d’une interview pour 60 minutes : « c’est ainsi que je suis arrivé là où je suis, et vous voulez me dire que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire ? »

Leavitt a déclaré lors d’un briefing de presse que le président Trump souhaitait tester si un accord pouvait être conclu avec l’Iran lors des pourparlers d’aujourd’hui à Oman, mais qu’il « disposait d’autres options en cas d’échec ». Elle a souligné que la diplomatie reste la première option de Trump pour traiter avec l’Iran (comme avec tous les pays, alliés ou adversaires), mais pas la seule.

Comment en est-on arrivé là ? Grâce à Israël

L’Iran exigeait que les pourparlers se concentrent uniquement sur la question nucléaire. Les États-Unis ont insisté et tenu bon. Pourquoi ? Parce que Witkoff a écouté Israël. Lors de la rencontre organisée cette semaine en Israël, les dirigeants israéliens ont invité les chefs de la sécurité israélienne, le ministre de la Défense Israel Katz, le chef d’état-major Eyal Zamir, le directeur du Mossad David Barnea, etc.

La discussion n’était pas seulement politique mais technique. Et pour que soient abordées les questions des missiles balistiques, des activités régionales et des violations des droits de l’homme en Iran, un message a été transmis à Steve Witkoff par les services israéliens, qui l’a entendu : la situation délicate du régime iranien actuel permet de le mettre bien plus dos au mur qu’auparavant.

© Jean-Patrick Grumberg pour Israël 24/7.org

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