Sous 500 mètres de granit : comment l’Iran protège son arsenal de missiles contre les frappes occidentales

Selon les estimations, l’Iran dispose de 27 villes de missiles creusées profondément sous terre.

Les Israéliens et les Américains attaquent constamment les entrées de ces villes de missiles, sachant qu’il est presque impossible de frapper les complexes eux-mêmes. Dans certains cas, les images satellites montrent que les Iraniens parviennent à rouvrir les points d’accès bombardés en seulement 48 heures, en utilisant du matériel d’ingénierie déployé dans la région.

Un bon exemple est la ville de missiles de Yazd

Elle a été intensément attaquée depuis le début de la guerre. Cette ville de missiles est située profondément sous la montagne de roche de granit, rendant la tâche de frapper le complexe extrêmement difficile.

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Yazd (base Imam Hussein), située au sud de la ville dans une montagne de granit (massif de Shirkuh), est l’un des exemples les plus impressionnants et les plus résistants. Elle est décrite comme une véritable « usine souterraine » avec :

Cette base a été intensivement attaquée depuis le début des hostilités (frappes répétées en mars). Les frappes visent principalement les sorties et les approches, mais les infrastructures profondes restent protégées par l’épaisseur de granit. Des images satellites montrent des dommages aux entrées, mais aussi des efforts iraniens pour les dégager rapidement.

Le concept des « villes de missiles »

(En persan : shahr- hā-ye moshaki) – c’est un réseau de bases souterraines massives construites par l’Iran, principalement par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), pour protéger son arsenal balistique des frappes aériennes. Ces installations sont creusées profondément dans des montagnes ou sous terre, souvent à plusieurs centaines de mètres de profondeur, et servent à la fois de stockage, d’assemblage, de maintenance et parfois de sites de lancement pour des missiles balistiques (Shahab-3, Sejjil, Khorramshahr, etc.).

Nombre et répartition

Selon diverses estimations et analyses de sources ouvertes (dont des images satellites), l’Iran disposerait d’environ 27 bases souterraines de ce type, avec au total plus d’une centaine de tunnels d’accès identifiés. L’Iran affirme officiellement avoir des installations de ce genre dans chacune de ses 31 provinces, même si seules une dizaine sont bien documentées publiquement (Khorramabad dans le Lorestan, Tabriz, Kermanshah, Haji Abad, etc.). Ces complexes forment de véritables réseaux de tunnels interconnectés.

Conception et protection

L’objectif principal est la survivabilité : en plaçant les missiles sous des couches épaisses de roche (souvent du granit très dur), l’Iran rend extrêmement difficile, voire impossible avec les armes conventionnelles actuelles, la destruction des stocks et des infrastructures. Les tunnels – on a vu à Gaza leur talent de construction, le métro parisien fait pâle figure à côté – peuvent atteindre 500 mètres de profondeur dans la roche granitique, ce qui dépasse largement la capacité de pénétration des plus gros « bunker-busters » comme la GBU-57 américaine (qui pénètre environ 60 mètres dans du béton armé ou bien moins dans du granit compact).

Les sorties (entrées/sorties des tunnels) sont cependant le point faible le plus vulnérable : faciles à repérer par satellite et à frapper.

Les lanceurs doivent émerger pour tirer, ce qui les expose temporairement.

Attaques israéliennes et américaines

Dans le contexte du conflit, les États-Unis et Israël concentrent une partie de leurs frappes sur ces bases. Les tactiques rapportées incluent :

Des analyses d’images satellites (Planet Labs, etc.) montrent des dommages sur de nombreux sites, avec des entrées effondrées ou obstruées dans au moins 77 % des tunnels identifiés sur les 27 bases. Cependant, les complexes profonds eux-mêmes restent largement intacts en raison de la profondeur et de la dureté de la roche.

Capacité de réparation rapide

Plusieurs rapports (dont une enquête de CNN) confirment que les Iraniens parviennent parfois à réouvrir les points d’accès bombardés en 48 heures ou très peu de temps après. Ils utilisent du matériel d’ingénierie lourd pré-positionné sur place à cet effet (bulldozers, excavatrices, explosifs contrôlés) et une main-d’œuvre importante. Cela montre que l’Iran avait évidemment anticipé ce scénario – pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour ça – et préparé des procédures de réparation rapides pour maintenir une capacité de tir, même réduite. Cela limite l’effet des frappes sur les entrées, mais ne résout pas complètement le problème de la surveillance aérienne constante qui rend les lancements risqués.

Bien que très résistantes, ces « villes de missiles » ont des faiblesses :

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