
Qui ne connaît pas cette question emblématique du Seder, le repas rituel le plus important de l’année et la fête juive la plus observée, y compris par les moins pratiquants.
Évoqué pour la première fois vers le second siècle de notre ère, il relate la sortie d’Égypte, fondement de cette grande fête de la liberté qu’est la Pâque juive.
Le Seder, célébré pendant des siècles dans des communautés juives dispersées à travers le monde et souvent persécutées, se concluait par un cri d’espoir : « L’an prochain à Jérusalem. »
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Mais revenons à la question : « Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? »
Traditionnellement posée par le plus jeune enfant présent, longuement préparé à cet instant, elle reçoit une réponse collective, reprise en chœur par tous les convives.
Cette année, la fête s’annonce sous des auspices bien différents.
La population vit au rythme des sirènes et des alertes.
Le pays fait face à des tirs incessants de missiles et de drones venus d’Iran, du Hezbollah et même des Houthis du Yémen.
Pour autant, il n’est pas question de renoncer au Seder.
Il faut respecter l’injonction ancienne qui commande à chaque génération de raconter l’histoire de la sortie d’Égypte.
Les difficultés, cependant, sont nombreuses.
La première — et elle est de taille — consiste à décider où se réunir pour cette longue soirée.
Autrefois, la question donnait lieu à des débats familiaux entre parents et beaux-parents.
Aujourd’hui, ce sont d’autres critères qui s’imposent.
Quelle distance les invités devront-ils parcourir ?
Pourront-ils s’arrêter en sécurité en cas d’alerte en chemin ?
Le lieu choisi dispose-t-il d’un abri accessible dans les délais imposés par les consignes de la protection civile ?
Cet abri est-il suffisamment vaste pour accueillir tous les convives ?
Sur les réseaux sociaux et dans la presse, les conseils se multiplient pour aménager ces espaces.
Il est recommandé de prévoir une trousse de premiers secours, un éclairage d’urgence, quelques coussins si possible.
Ne pas oublier plusieurs bouteilles d’eau et des verres jetables.
Les plus prévoyants envisagent même de transférer l’ensemble du Seder dans l’abri, si sa taille et le nombre de participants le permettent.
Bien sûr, le téléphone portable doit être chargé et allumé, afin de recevoir les alertes et les messages de fin d’alerte.
Ce n’est sans doute pas ainsi que les sages du second siècle imaginaient la célébration de la sortie d’Égypte.
Mais comme le rappelle un vieil adage : « Nous avons survécu au pharaon, nous survivrons aussi à cette épreuve. »
© Michèle Mazel pour Israël 24 7.org
Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique. Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède. Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.
