À la veille de Noël 2025, la patrie de Tintin et du surréalisme a fait savoir qu’elle se rangeait aux côtés d’une autre démocratie irréprochable, l’Afrique du Sud, dans son offensive contre l’État juif, qu’elle accuse de « génocide » contre les Gazaouis.
Diffamez, diffamez, il en restera toujours une condamnation de la CIJ
L’Afrique du Sud a réussi à changer de rubrique médiatique en s’attaquant à Israël. Auparavant, on ne parlait d’elle qu’aux rayons corruption ou faits-divers. Accédant au panurgisme politique, elle espère une place en tête de gondole.
D’après Transparency International, c’est l’un des pays les plus corrompus du continent africain. Plusieurs ministres sont concernés et celui de la Police a été écarté pour ce motif en juillet 2025.
Dans la rubrique fait-divers, le pays arc-en-ciel peut se vanter d’être le leader mondial du taux de meurtres, attaques à main armée, viols et autres crimes : avec ses 62 millions d’habitants, il a totalisé près de 28 000 meurtres entre février 2023 et février 2024, soit plus de 75 par jour. Cela correspond à un Gaza total tous les 18 mois.
On comprend son besoin de diriger la colère mondiale sur le bouc émissaire qui a déjà collectionné le plus de médailles olympiques dans cette discipline, depuis 2000 ans.
Les raisons qui ont poussé le plat pays à se joindre à la croisade désespérée de Pretoria sont de deux ordres. La première est le petit remplacement :
« Un peu moins de 18 % de la population belge est née à l’étranger. Ce pourcentage varie de 14 % en Flandre à 15 % en Wallonie et atteint 46 % dans la Région de Bruxelles-Capitale », explique Statbel, l’INSEE outre-Quiévrain.
La seconde raison découle de la première et se nomme « électoralisme ». S’ils veulent survivre en tant que politiques et que leurs enfants survivent tout court, les élus belges doivent, comme les pleutres hexagonaux, courtiser les électeurs les plus bruyants, ceux qui dont le programme est d’augmenter leur pouvoir de nuisance.
Ils n’ont pas eu besoin d’un Pascal Boniface pour compter sur leurs doigts les électeurs juifs (29 000 tout mouillé, sur une population totale de 11,8 millions) et, sur leur calculette, les islamistes en puissance, ou plutôt les puissants islamistes, qui amalgament autour d’eux toute la gauche assoiffée de suffrages :
« Le Parti des travailleurs de Belgique (PTB) a gagné en popularité au cours de la dernière décennie en s’appuyant sur les électeurs turcs et arabes grâce à son “antisionisme” affirmé. Il semble aujourd’hui être le parti politique le plus populaire de Bruxelles, avec 21%du soutien de l’opinion publique, grignotant des voix auparavant détenues par d’autres obédiences socialistes. »
La paille en kippa et la poutre en caoutchouc
La Belgique s’y connaît en génocides, mais uniquement du côté des génocideurs. L’un de ses rois les plus illustres a pratiqué l’extermination en règle d’un bon tiers de la population d’un pays africain il y a un peu plus d’un siècle.
Le roi Léopold II avait fait du Congo son domaine personnel, sur un territoire de plus de deux millions et demi de km2. De 1885 à 1908, il y a exercé un pouvoir absolu et s’est affranchi de toute limite morale ou humaine. Sa réputation protégée par un avocat et homme d’affaires suisse, Leopold a construit une entreprise coloniale d’une brutalité et d’une barbarie inégalées.
La richesse du Congo consistait en son caoutchouc naturel, dont la demande en Europe croissait avec le développement de l’automobile.
Les exportations de caoutchouc furent multipliées par six en cinq ans (de 580 à 3 740 tonnes entre 1895 et 1900). Pour satisfaire la cupidité du roi belge, le système mis en place obligeait les chefs de villages à fournir des quotas très élevés. Les communautés qui ne les atteignaient pas étaient punies avec barbarie, souvent par la torture et l’amputation des mains et/ou des pieds.
Le journaliste américain Adam Hochschild a publié, en 1998, un ouvrage historique, Les fantômes du roi Leopold, qui décrit par le menu un véritable royaume des horreurs. Il l’a sous-titré « L’holocauste oublié » et y décrit l’esclavage avec torture, mutilations et meurtres des sujets africains de Leopold entre 1877 et 1908.
Dix millions d’individus ont payé de leur vie l’impitoyable cupidité du monarque.
Pour autant, cette extermination d’une moitié ou d’un tiers de la population totale, bien que d’ampleur génocidaire, n’a pas constitué un génocide, comme celui des Arméniens chrétiens par les Turcs musulmans en 1915-16, celui des Juifs par les Allemands en 1940-45, ou celui des Tutsis par les Hutus en 1995. La raison en est que seule l’avidité avait guidé les manœuvres du roi et non l’intention d’éliminer un peuple tout entier. Le résultat est le même, mais la qualification juridique est différente, l’intention étant la condition sine qua non du génocide.
Le rythme, l’ampleur et la nature des massacres au Congo procédaient à la fois d’une folie de toute-puissance et d’une exploitation économique meurtrière, mais pas d’une volonté d’éliminer de la planète un peuple en raison de ce qu’il était.
Un peu gênée aux entournures, la famille royale belge a demandé pardon
En 2020,« À l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du Congo, le roi des Belges Philippe a adressé une lettre au président de RDC, dans laquelle il demande pardon au nom de son pays pour les “actes de violence et de cruauté” commis pendant la période coloniale. »
Deux ans plus tard, ce descendant de Leopold a fait le voyage au Congo, « dans le but de resserrer les liens avec cette nation ».
En Belgique comme en Angleterre, le roi règne, mais ne gouverne pas. C’est pourquoi l’arrière-arrière-arrière petit neveu de l’esclavagiste ne peut pas être tenu pour responsable de l’accusation lancée par le gouvernement Bart De Wever, pour une guerre dont la proportion de morts est sans commune mesure avec les victimes de l’ex-roi. Mais la comparaison entre les deux fait vraiment déraison.
Il y a des limites à l’intelligence, pas à la stupidité.
© Liliane Messika pour Israël24/7.org
