Les premiers Juifs sont arrivés en Angleterre lors de la conquête normande.
Ils vont prospérer un temps mais vont bientôt connaître des jours difficiles.
Accusations de meurtre rituel et émeutes antijuives en marge des Croisades et, en fin de compte, c’est toute la communauté juive du Royaume-Uni qui est expulsée en 1290.
Il faudra attendre quatre siècles pour qu’en 1656 Cromwell les autorise à revenir…
🕘 Chaque matin, l’essentiel sur Israël en 2 minutes
Infos fiables et analyses rapides, sans bruit ni désinformation.
Gratuit • Lecture rapide • Désinscription facile
Un demi-siècle auparavant, Shakespeare avait conçu le personnage de Shylock, porteur de tous les stéréotypes antisémites.
Bien sûr, par la suite, Benjamin Disraeli a été deux fois Premier ministre.
Vous me direz qu’il s’est converti tôt à la religion anglicane.
Un antisémitisme de bon aloi persiste, comme le souligne la cheffe de l’opposition Kemi Badenoch :
« L’antisémitisme est devenu acceptable dans les conversations polies lors de dîners sous les Travaillistes. »
Paradoxalement, les atrocités perpétrées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 n’ont pas provoqué une vague de sympathie pour Israël en Angleterre mais, au contraire, des manifestations monstres contre l’État juif.
Des milliers « d’incidents » antisémites ont été relevés, notamment des atteintes de plus en plus graves aux institutions, aux biens et jusqu’aux membres de la communauté, comme la récente attaque au couteau à Golders Green.
On évoque le nombre d’enfants juifs qui, face aux insultes et parfois aux brimades, quittent un milieu scolaire où ils ne se sentent plus en sécurité pour rejoindre les écoles communautaires.
C’est dans ce contexte qu’une manifestation a été organisée le 10 mai devant Downing Street.
Sous le sigle « La Grande-Bretagne soutient les Juifs britanniques », elle avait pour but de rassurer la communauté juive.
Las, selon les estimations les plus optimistes, seulement vingt mille personnes ont défilé dans les rues de la capitale britannique, la BBC se contentant de parler de « plusieurs milliers de participants » — bien loin des grandes marches propalestiniennes.
Et l’on n’a pas manqué de remarquer la présence d’une forte délégation de partisans de l’Iran — un quart de l’ensemble — ainsi que de nombreux Kurdes.
Bref, pas de quoi vraiment rassurer.
Soulignons tout de même la présence de Kemi Badenoch, qui a déclaré :
« Je suis avec vous : des millions sont avec vous. »
Le même jour pourtant, un individu a agressé à coups de ceinture de respectables Juives orthodoxes attendant l’autobus et une femme a adressé des insultes antisémites à un adolescent de 15 ans et un homme de 35 ans à proximité d’une école juive.
Lors de la manifestation, le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, a mis en garde contre la « banalisation » de l’antisémitisme dans la société britannique, exhortant le pays à se mobiliser contre la montée de la haine.
« Pourquoi l’ambassadeur iranien n’a-t-il pas été expulsé ? » a-t-il questionné.
De fait, le gouvernement britannique et les forces de l’ordre savent que la République islamique d’Iran est à l’origine d’une série d’attaques récentes contre des sites juifs et israéliens, mais se taisent.
© Michèle Mazel pour Israël 24 7.org
Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique. Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède. Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.
