Quand les sources anonymes mentent, et que la presse israélienne manque de rigueur et ne vérifie pas les faits : Trump, l’Iran et le fantasme d’un Israël vulnérable.
Israël24/7 a vu passer la semaine dernière une info qui a tourné en boucle, disant qu’une des raisons pour lesquelles Trump est revenu sur sa décision d’attaquer l’Iran est que Netanyahou lui a dit qu’Israël n’était pas prêt pour une riposte.
Quand l’information a été publiée dans les médias israéliens, nous nous en sommes méfiés, elle ne semblait pas réaliste. Nous avons cherché la source : le New York Times, évidemment. Nous avons cherché qui a dit ceci : un anonyme, encore plus suspect, mais pas surprenant. Le pire est qu’elle a été reprise par d’autres médias israéliens : nous n’avons pas été surpris, car ils n’ont plus honte de citer des sources anonymes, non vérifiables, non corroborées par des éléments solides.
Puis Trump a totalement discrédité cette théorie puisqu’il a déclaré clairement que personne ne l’a influencé dans sa décision d’annuler les frappes, qu’il a pris la décision tout seul.
Trump a déclaré vendredi que sa décision de ne pas lancer de frappes militaires contre l’Iran était uniquement motivée par son propre jugement, citant l’annulation par Téhéran de 800 exécutions prévues (Witkoff a confirmé avoir donné l’info à Trump et qu’il la tenait du ministre iranien des Affaires étrangères), et rejetant les suggestions selon lesquelles des responsables israéliens ou arabes auraient influencé ce choix. En s’adressant aux journalistes devant la Maison-Blanche, Trump a été interrogé sur la pression des partenaires régionaux qui aurait pu le pousser à renoncer à une attaque. Il a catégoriquement démenti cette affirmation, affirmant :
« Personne ne m’a convaincu. Je me suis convaincu moi-même. »
Ce lundi matin, un élément complémentaire vient confirmer ce que nous savions depuis l’été dernier sur la défense anti-missile israélienne après la guerre de 12 jours, et sur le fait que les sources anonymes sont généralement suspectes.
Le PDG de l’Industrie Aérospatiale d’Israël (IAI), Boaz Levy, a rejeté lundi matin les rapports affirmant une pénurie d’intercepteurs Arrow 3. Il a précisé :
» Le nombre d’intercepteurs que nous avons actuellement est suffisant pour faire face aux attaques. Nous avons un stock adéquat pour défendre l’État d’Israël et une réponse à chaque menace. »
Levy a également noté qu’IAI a surmonté des difficultés dues aux embargos sur les armes imposés par plusieurs pays et a transféré la production de composants clés en Israël.
» Nous fabriquons localement, comblons les lacunes et continuons la production sans interruption, » a-t-il déclaré.
Selon Levy, le rythme de production a été considérablement augmenté, avec des usines opérant trois équipes par jour, et toutes les lignes de production fabriquant beaucoup plus que par le passé.
» Il n’y a actuellement aucun obstacle empêchant une expansion supplémentaire de la production, » a-t-il ajouté.
Pourquoi savions-nous qu’affirmer qu’Israël n’était pas prêt en cas d’attaque iranienne était une intox ? Avons-nous une boule de cristal ? Pas du tout, mais pour plusieurs raisons :
- cette info était un recyclage de communiqués précédents que nous avons vu passer, et qui ont tous été contredits par Netanyahou à l’époque
- Il y a eu des rapports alarmistes du WSJ, CNN, etc. sur un stock bas ou en voie d’épuisement des Arrow interceptors, avec des sources US anonymes avertissant d’un risque de « rationnement » si le conflit durait.
- Et à chaque fois, Tsahal, Netanyahu, et Katz ont démenti les rapports, affirmant être « prêt pour tout scénario » et que les US aidaient au réapprovisionnement.
Et puis surtout…
Nous avons publié plusieurs dépêches concernant les énormes contrats destinés à accélérer significativement la production et les livraisons d’Arrow.
Enfin, il y a eu cet énorme contrat de 6,5 milliards de dollars avec l’Allemagne, avec une livraison début décembre de la première batterie Arrow 3 (cérémonie le 3 décembre à la base aérienne de Holzdorf/Schönewalde).
C’était la première exportation et déploiement hors Israël/USA du système, et ça ne collait pas avec l’idée de pénurie !
