Iran : prudence et duplicité    

Selon Le Figaro, « Le chef du gouvernement français a justifié mardi 13 janvier la prudence de la France sur la contestation en Iran par la situation « plus que fragile et préoccupante » de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus pendant plus de trois ans et actuellement assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran. »

On sait que le procès pour apologie du terrorisme de l’Iranienne Mahdieh Esfandiari, qui pourrait être échangée contre Cécile Kohler et Jacques Paris, s’ouvre ce mardi.

On se perd donc en conjectures sur le raisonnement qui a amené Sébastien Lecornu à cette conclusion.

Imagine-t-il que les Gardiens de la Révolution, furieux, lanceraient un raid contre l’ambassade de France pour les en extraire ? Ou bien mise-t-il plutôt sur l’échec de la révolution et les représailles du régime qui suivraient et qui affecteraient les intérêts de la France dans ce pays ?

Est-ce la raison pour laquelle les dirigeants européens se contentent de beaux discours mais sans plus ?

Surtout, on cherche en vain à travers les rues de la vieille Europe ce déferlement de soutien populaire si généreusement déployé en faveur des terroristes du Hamas – au lendemain des atrocités du 7 octobre ! – et ce slogan appelant à la destruction d’Israël.

Impossible pourtant d’ignorer ce qui se passe à Téhéran et ailleurs dans l’empire des Ayatollahs.

Les images d’un peuple qui se révolte pour se débarrasser d’une dictature oppressante, la répression brutale, la liste des victimes qui s’allonge de jour en jour tournent en boucle sur les écrans du monde entier.

Alors ?

Un élément de réponse a été donné par un diplomate européen en réponse à la question du journaliste israélien David Jablinowitz :

« Il n’y a pas le soutien financier que vous aviez pour protester contre Israël. En fait, une bonne partie du soutien financier pour protester contre Israël provient d’acteurs malveillants qui soutiennent et y sont liés d’une manière ou d’une autre. »

Voilà. C’est dit.

Une évidence enfin reconnue : les premières manifestations contre Israël ont commencé le 8 octobre, au lendemain des massacres et avant l’intervention militaire israélienne à Gaza.

Elles avaient été préparées de longue date.

Placards, banderoles et slogans étaient prêts et les organisateurs n’attendaient que le moment propice.

D’où venait-il, ce soutien financier qui n’a pas faibli ?

En grande partie de l’Iran sans doute ; on sait que les Ayatollahs consacraient des sommes considérables à la lutte contre « l’ennemi sioniste » et œuvraient à sa destruction par l’intermédiaire du Hamas et du Hezbollah, des organisations terroristes qui leur sont affiliées.

C’est d’ailleurs un reproche majeur des moteurs de la révolte populaire actuelle : pourquoi alimenter ces mouvements alors que les Iraniens manquent de tout ?

Soulignons aussi le silence des élus démocrates et des passionarias de la cause palestinienne aux États-Unis, qui ne se hâtent pas de condamner un régime islamique.

Les pays arabes se montrent prudents eux aussi.

Ah si on pouvait condamner Israël !

© Michèle Mazel pour Israël 24 7.org

Michèle Mazel est diplômée de Sciences-Po et licenciée en Droit, et a été boursière Fullbright en science politique. Pendant plus de trente ans, elle a accompagné de par le monde son mari, le diplomate Zvi Mazel, qui fut notamment ambassadeur d’Israël en Egypte, en Roumanie et en Suède. Elle en a tiré la matière de nombreux ouvrages – thrillers et romans. Elle contribue régulièrement à plusieurs organes de presse.

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