Comme aux Etats-Unis, la justice et les médias israéliens penchent non seulement à gauche, mais ils n’ont plus aucune honte à adopter des standards différents, selon qu’ils jugent un politicien de droite ou de gauche. Cela prouve que l’homme n’a pas évolué, sur ce point, puisque La Fontaine déjà le dénonçait dans « Les Animaux malades de la peste » (Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir).
Aujourd’hui, la gauche a pris le contrôle des rouages de nos sociétés : médias (le principal ennemi du peuple), académie, enseignement, université, monde de l’art, administration, juges, et hauts-gradés de Tsahal.
Il est légitime – c’est politiquement incorrect dans les milieux conservateurs de poser cette question, mais je suis un esprit libre – de se demander si la droite se comportera avec le même talent totalitaire lorsqu’elle se réveillera et reprendra les choses en main.
En attendant, la Cour suprême israélienne a rejeté les recours contre l’accord territorial avec le Liban. La conseillère juridique du gouvernement s’est fait des nœuds au cerveau pour justifier que Lapid n’avait besoin de la permission de personne pour offrir des territoires aux ennemis d’Israël – n’est-ce pas admirable ?
Elle s’est contenté de faire remarquer qu’un gouvernement de transition, si proche d’une élection, pourrait avoir un geste généreux et poser le sujet sur le bureau de la Knesset – mais elle s’est empressée de préciser « il n’a aucune obligation de le faire », célébrant ainsi le noble chevalier Lapid qui se conduit en parfait gentleman.
Netanyahou a eu beau rappeler que lorsqu’il était Premier ministre, la Haute Cour lui a interdit, parce qu’il s’agissait d’un gouvernement de transition, d’accorder une aide financière aux personnes et entreprises touchées par le coronavirus, et que maintenant, elle autorise l’aide à l’Iran au travers du Hezbollah, avec le cadeau du champ gazier israélien, personne, à gauche, ne veut entendre parler de justice (sauf à leur avantage).
Mais…
Mais…
Dans quelques jours, les élections, pour lesquelles aujourd’hui la droite colle autour des 60 sièges, diront clairement ce que pensent les Israéliens de cet accord.
Je regrette de le dire, parce que je respecte le système démocratique, bien qu’il ne soit que dans sa phase expérimentale, mais si les Israéliens n’offrent pas clairement la direction du pays à la droite, c’est qu’ils auront donné leur accord à l’accord libanais. On accusera qui on voudra, à commencer par les médias, mais l’élection de Donald Trump, de la Première ministre italienne, et du premier tour au Brésil montrent que lorsque les citoyens décident de ne pas se laisser influencer par la massive désinformation, ils le savent.
Comme je le crois, et l’espère,
- Si les Israéliens sont aussi furieux que moi que Lapid ait échangé des territoires contre des vagues promesses de sécurité venant des terroristes – promesses auxquelles il ne croit pas (à moins qu’il soit idiot, ce qu’il n’est pas) ;
- si les Juifs sont aussi furieux que moi que Lapid ait trompé les Israéliens en parlant d’un « accord historique » – si l’accord était si formidable, il n’aurait pas refusé de le soumettre au référendum de la Knesset ou du peuple : un franc succès lui aurait apporté l’élection sur un plateau.
- S’ils sont furieux que les médias se fassent le complice de Lapid pour l’aider à se faire réélire, alors que beaucoup d’entre eux, à part les fanatiques, savent que l’accord est catastrophique.
- S’ils sont furieux du “deux poids deux mesures” de la presse : si Netanyahou avait signé un tel accord, les journalistes l’accuseraient de haute trahison, décortiqueraient chaque détail de l’accord pour le réduire en miettes et montrer sa dangerosité.
Si tous ces points sont réunis, alors les élections (les prochains sondages pourraient ne pas le dire s’ils sont corrompus), donneront une majorité solide au camp de la droite dirigé par Netanyahou.
Et si ce n’est pas le cas, s’ils ne donnent pas une majorité claire et décisive à la droite, je ne sais pas ce qu’il leur faut, aux Israéliens. Faut-il qu’ils tombent encore plus bas avant de se réveiller ? Mais en Israël, petit pays où la moindre erreur se paye en vies humaines, les Israéliens ont-ils le loisir d’être indifférents ou complices ?
© Jean-Patrick Grumberg pour Israël 24 7.org